Nous nous attendions à une nouvelle année de records pour ATR et nous n’avons pas été déçus. L’avionneur franco-italien a enregistré la meilleure année de son histoire, aussi bien en termes de prises de commande qu’en nombre de livraisons.
ATR aura ainsi vendu 160 nouveaux avions fermes et 120 autres en option, battant son précédent record de 2011. Les commandes fermes, évaluées à un total de 3,8 milliards de dollars, consistent en 133 ATR 72-600 et 27 ATR 42-600 à destination de 17 clients et opérateurs. C’est quatre fois plus que son concurrent Bombardier pour les avions turbopropulsés sur la période (39 Q400 vendus).
L’ensemble des contrats fermes remportés cette année par ATR représente désormais près de la moitié (47%) du total des ventes d’appareils régionaux de 50 à 90 places pour l’ensemble des avionneurs, jets et turboprops confondus.
Le leader mondial des avions régionaux turbopropulsés aura aussi livré 83 appareils en 2014, nouveau record, à 29 compagnies aériennes distinctes. Ces livraisons auront largement contribué à l’augmentation du chiffre d’affaires annuel de l’avionneur qui atteint désormais 1,8 milliard de dollars.
Le backlog affiche mécaniquement un nouveau record absolu avec 280 appareils restant à livrer pour une valeur de 6,8 milliards de dollars (+25%). C’est le plus important carnet de commandes de tous les avionneurs sur le marché des appareils de moins de 90 places. Il correspond à 3 années de production en tenant compte de l’augmentation des cadences attendues pour les deux prochaines années.
Rappelons que si l’année 2014 a été l’occasion de souffler les 30 bougies du 1er vol de l’ATR 42 en juin, elle a aussi été marquée par la plus importante commande cumulée pour l’avionneur depuis sa création avec le nouveau contrat de Lion Group signé à Rome en novembre et qui porte désormais à 100 le nombre total d’ATR acquis le groupe indonésien.
Une certaine prudence pour l’année 2015
Patrick de Castelbajac, le nouveau PDG de l’avionneur, s’est montré relativement prudent pour les objectifs de ventes pour l’année en cours. « Nous allons être plus conservateur » a-t-il annoncé, ajoutant que « moins d’avions seront vendus cette année ».
ATR souhaite néanmoins « conserver son backlog », c’est à dire vendre plus de 90 appareils en 2015 (l’équivalent du nombre de livraisons programmées). Avec cette nouvelle hausse des livraisons, le chiffre d’affaires de l’avionneur devrait pour la première fois franchir la barre des 2 milliards de dollars.
Patrick de Castelbajac a également indiqué que l’avionneur prévoyait la poursuite de l’augmentation des cadences pour 2016 avec la livraison de plus d’une centaine d’appareils même si des difficultés demeurent. « Nous allons continuer à travailler sur les aspects logistiques et sur les maillons les plus fragiles de la supply chain » a-t-il précisé. « A termes, produire une centaine d’avions par an est un bon chiffre, conforme aux perspectives de marché pour les 20 prochaines années ».
Le PDG d’ATR a également évoqué la baisse de l’euro face au dollar, « une bonne nouvelle même si nous n’en profitons pas encore ». Comme toute société facturant en dollars pour des coûts majoritairement en euros, l’avionneur a en effet recours à des solutions de couverture sur le change.
L’avionneur a également profité de la nouvelle année pour rehausser ses prix catalogue. Les ventes d’ATR 42-600 et ATR 72-600 se négocient désormais sur la base de 21,6 et 25,9 millions de dollars respectivement.

