Les grandes tendances du célèbre salon Aircraft Interiors de Hambourg sont en pleine évolution. Car Il n’y a plus ici de débat sur la connectivité à bord, sur les sièges full-flat privatifs en classe affaires, sur une plus grande personnalisation des services ou sur la multiplication des recettes auxiliaires. Plutôt que de continuer à rogner sur leurs coûts, les compagnies aériennes misent désormais sur la multiplication des sources de recettes, une stratégie désormais payante alors que le nombre de voyageurs d’affaires reste encore impacté par les effets induits par la pandémie, voire par la politique RSE de certains grands groupes. À l’inverse, les avions se voient remplir de passagers plus jeunes et ça tombe plutôt bien.
Car les compagnies aériennes se sont en effet digitalisées massivement ces dernières années, que ce soit pour lancer de nouveaux services, faciliter le processus de réservation ou proposer une connectivité aux passagers à bord de leurs appareils. Et avec la collecte de données et la généralisation annoncée de l’intelligence artificielle, les transporteurs des quatre coins du monde commencent même à rêver sérieusement d’une expérience totalement transparente de bout en bout pour le passager, le « seamless travel », même si cet objectif semble encore bien difficile à atteindre tant le nombre de points de frictions reste important.
L’expérience du passager n’est donc plus l’histoire de la seule cabine et la compagnie aérienne veut considérablement multiplier les points de contact avec ses clients tout au long du voyage, proposant toujours plus de choix, voire même en dehors du simple parcours du passager. Demain, on pourra par exemple proposer un potentiel acheminement en e-VTOL pour rejoindre l’aéroport, des réservations de bout en bout en tenant compte des préférences du client (coût, commodité, aspects environnementaux…), le tout en un seul clic. La co-création de services, qui va bien au-delà du simple produit co-marketé, deviendra alors inévitable entre les compagnies aériennes et de grands acteurs spécialisés.
Les grands débats du salon Aircraft Interiors concerneront donc tout particulièrement cette année la façon de se connecter en cabine (portail ou application téléchargée, bien plus prometteuse en termes de personnalisation et de fidélisation sur tout le parcours du passager), la double connectivité satellitaire pour tirer parti des avantages des constellations GEO et LEO, la facilitation de la curation de contenu, de plus grandes possibilités de différenciation des applications des IFE par les compagnies aériennes… Les grandes innovations seront à la marge, à l’instar de ce nouveau siège ultra-premium de Lufthansa co-développé avec la société suisse Caynova et Collins Aerospace et qui proposera un véritable « micro-climat » pour le passager en ajustant la température ambiante.
Évidemment, la classe affaires des monocouloirs qui opéreront sur des liaisons long-courriers (A321LR/XLR, 737 MAX) restera aussi l’une des grandes thématiques du salon de Hambourg.
Mais au-delà des innovations, le grand salon dédié à l’aménagement cabine des avions commerciaux n’échappera pas aux enjeux de la décarbonation et de la durabilité du secteur, un aspect qui dépasse de très loin la simple masse embarquée à l’intérieur des appareils et qui concerne la recyclabilité des matériaux, les processus de production, voire même une entière circularité des éléments de la cabine. Airbus a même l’ambition de devenir le tout premier OEM à proposer une cabine entièrement recyclable à horizon 2035+ en coopérant avec ses fournisseurs.
« C’est un marathon, pas un sprint, mais il faudra terminer la course » a particulièrement bien résumé Rick Salanitri, le président des produits en vol de Delta Air Lines lors des conférences Passenger Experience à la veille du salon. C’est maintenant dans ce domaine qu’il faut s’attendre à de nouvelles ruptures technologiques. L’expérience passager doit faire face à un nouveau paradigme…








