Airbus Military attend de sécuriser le contrat A400M avec les sept nations clientes avant de lancer la production et la stratégie d’exportation. Domingo Urena-Raso, le directeur de la division, a exposé le 15 mars le calendrier du programme et a dépeint le potentiel en exportation du turbopropulseur militaire.
L’année 2010 devrait être riche en avancées. Trois A400M rejoindront le programme d’essais en vol, la production des premiers appareils de série sera lancée et la stratégie d’exportation sera mise en œuvre.
Un calendrier chargé pour 2010
MSN 001 a réalisé son vol inaugural le 11 décembre 2009 et cumulé depuis une quarantaine d’heures de vol en une dizaine de cycles. Domingo Urena-Raso a reconnu que c’était peu mais a mis en cause les conditions météorologiques, très pluvieuses. Or MSN 001 est doté de capteurs – pour calculer les contraintes sur les hélices – très sensibles à l’humidité. L’appareil se trouve à Toulouse depuis le 9 mars.
Le deuxième A400M a été remis à l’équipe d’essais en vol à Séville, où il restera, et devrait effectuer son vol inaugural sous peu. L’assemblage du troisième appareil progresse et achèvera de façon à ce qu’il décolle à la fin du premier semestre. Enfin, toutes les pièces du quatrième appareil sont réunies à Séville et il pourrait voler en décembre.
Il est également prévu que la production commence cette année. Les capacités seront de 4 turbopropulseurs en 2013, puis 8 en 2014 pour atteindre la cadence définitive de 2 voire 2,5 appareils par mois en 2016. La France sera la première cliente livrée, suivie du Royaume-Uni, de l’Allemagne puis des autres nations clientes.
Le potentiel d’exportation
Le programme A400M n’est pas profitable aujourd’hui et, selon Domingo Urena-Raso, il va être difficile de le rendre rentable. L’exportation est donc peut-être la seule chance d’Airbus Military. C’est pourquoi la division militaire de l’avionneur envisage de lancer sa stratégie à l’export au second semestre 2010.
Airbus Military a identifié un potentiel de 500 appareils dans le monde sur trente ans, hors Chine et CEI (Communauté des États indépendants). Domingo Urena-Raso a réaffirmé l’engagement de l’entreprise à investir le marché américain. Les Etats-Unis sont en effet le marché-clef et représentent la moitié du potentiel, avec 250 appareils. Les livraisons ne pourraient cependant pas démarrer rapidement, les trois ou quatre premières années de la chaîne d’assemblage étant bloquées pour les sept nations clientes. Les négociations pourraient en revanche être possibles pour libérer des créneaux les années suivantes.
Les pays clients ont en effet accepté de débourser 3,5 milliards d’euros supplémentaires au début du mois pour sauver le programme, dont deux milliards d’euros représentent l’augmentation du prix sec de l’appareil. Le reste a été consenti en échange d’un intéressement sur les futures ventes à l’export.





