L’ONERA et l’armée de l’air ont effectué le 16 octobre dernier le premier vol d’un radar passif aéroporté. Le moto-plan Busard qui embarquait le système dans un pod a décollé de la BA 701 de Salon de Provence et a tourné pendant deux heures dans les zones de Salon de Provence, Aix en Provence et Orange. Il s’agissait dans un premier temps de valider la partie électronique du système. Les essais au sol avaient pour leur part eu lieu au printemps dernier.
Cette expérience est le fruit d’un partenariat entre l’ONERA et l’Ecole de l’air, réunissant en particulier le Centre de recherche de l’armée de l’air et l’ONERA, ainsi que SONDRA, un laboratoire regroupant l’école Centrale-Supélec ainsi que l’université et un laboratoire de R&D de Singapour.
Le radar passif aéroporté permet de détecter des menaces aériennes de petite taille, en raison de la fréquence des signaux qui est plus basse que les radars classiques. Ne fonctionnant qu’en récepteur, il exploite les échos créés par des émetteurs, ici il s’agissait d’émetteurs TNT. Les difficultés liées à l’utilisation d’un radar passif sont principalement liées au traitement des signaux ainsi qu’à la puissance de calcul nécessaire pour extraire ces signaux – un écueil en partie résolu grâce aux progrès de la technologie.
D’autres pays ont d’ores et déjà testé des radars passifs de ce type, la Grande-Bretagne en utilisant des bandes FM, mais aussi la Suède en TNT pour de l’imagerie, ou encore les États-Unis. Selex ES travaille pour sa part sur son capteur passif Skyward-G IRST (Infra-red search and track) qui a déjà volé sur Gripen en 2014, tandis que Lockheed Martin a fait voler un capteur IRST développé avec Boeing sur un F/A-18 de l’US Navy, également en 2014.








