Le conseil scientifique de l’US Air Force planche actuellement sur le futur de ses drones et leur survivabilité. Une étude lancée en janvier 2015 – qui doit être achevée en décembre prochain – a pour but de « préparer le terrain » dans le domaine, afin d’anticiper au mieux les conflits futurs et la place des drones dans ceux-ci.
Car si les drones actuels tels que les MQ-9 Reaper et les RQ-4 Global Hawk effectuent des missions de frappe et des missions ISR de manière régulière, ils opèrent dans un environnement relativement « permissif », dans lequel la partie adverse n’a pour ainsi dire aucun moyen de contrer leurs actions. Cependant, les opérations futures pourraient requérir l’emploi de drones dans des environnements plus complexes et contraints, de type « anti-access/area denial » (2A/AD), ce qui nécessitera de doter les drones d’équipements intégrés spécifiques de défense et d’autoprotection, afin d’augmenter leur survivabilité.
L’étude porte sur de nombreux aspects et paramètres à prendre en compte dans ce domaine et diverses solutions potentielles sont envisagées pour augmenter cette survivabilité. Ainsi, les scientifiques planche entre autres sur la répartition en réseau des capacités de défense parmi les moyens aériens utilisés ou entre plusieurs drones, l’ajout de systèmes de contremesures électroniques à bord, l’interaction « coopérative » entre plusieurs drones, la baisse du coût unitaire d’un drone pour réduire d’autant le coût en cas de perte, le déploiement d’un grand nombre de drones pour submerger la partie adverse.
La prise en compte des facteurs coût et environnement d’opération devrait conduire l’étude à définir les paramètres suivants : l’identification des futures missions potentielles – de type ISR et frappes – des drones dans des environnements 2A/AD ; les caractéristiques défensives à acquérir en fonction de l’environnement ; la comparaison de la survivabilité dans ces zones entre les drones et les avions ; dépasser l’approche actuelle qui consiste uniquement à réduire la signature radar pour augmenter la survivabilité ; identifier les écarts technologiques à combler et les efforts financiers à consentir et enfin émettre des recommandations pour tous les domaines sus-cités.
Des scientifiques travaillant sur cette étude ont récemment déclaré à Flightglobal que les drones pouvaient bien être modifiés pour faire face à ce nouveau type d’environnement et que l’ajout de capacités d’autoprotection et de défense était tout à fait envisageable. Les premiers résultats classifiés auraient déjà été publiés au sein du Pentagone.








