Les récents contrats export du Rafale ont « un impact direct sur l’armée de l’air », a déclaré sans surprise le directeur général de l’armement Laurent Collet-Billon, lors de son audition par la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale la semaine dernière. En effet, les trois premiers biplaces qui vont rejoindre les forces aériennes égyptiennes cet été ont été prélevés directement sur les chaînes de Dassault Aviation – ce qui décale d’autant leur livraison à l’armée de l’air.
Le même cas de figure se présentera « plus tard » pour trois autres appareils, qui devraient eux être livrés fin 2015/début 2016, selon les précisions du PDG de Dassault Aviation Eric Trappier. Sur les 24 appareils commandés par l’Égypte, onze seront prélevés directement sur la chaîne.
« Quand six Rafale nous ont été prélevés au profit de l’Égypte, il a fallu repenser la manière dont nous conduirons nos opérations. Nous avons réussi à nous mettre d’accord avec le ministère de la Défense, la DGA et le constructeur pour que six Rafale nous soient restitués entre 2016 et 2018 », a déclaré le CEMAA le général Denis Mercier lors de son audition par la même commission. Il met cependant l’accent sur le fait qu’ « aucun autre avion ne peut aujourd’hui nous être prélevé », au risque de ne pas assurer « la montée en puissance de l’escadron nucléaire » et « au détriment de notre capacité opérationnelle » – en plus d’avoir à assurer la formation des futurs pilotes qataris et égyptiens. Le second escadron nucléaire Rafale devrait être opérationnel en 2018 et remplacer ainsi les Mirage 2000N en fin de vie.
La France avait formulé l’hypothèse de « quatre années blanches » en termes de livraisons de Rafale, qui ne devaient reprendre qu’en 2021, selon le CEMAA. Les contrats export du chasseur de Dassault Aviation permettent certes de respecter la trajectoire de la LPM, mais le DGA pose tout de même la question de savoir « quand reprendront les livraisons vers l’armée de l’air », le sujet n’étant visiblement « pas tranché » et dépendant des contrats signés, en cours de signature ou de négociations. A cet égard, Laurent Collet-Billon évoque les discussions en cours avec l’Inde, mais aussi « plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Asie ».








