La conférence de presse de Dassault Aviation de ce 11 mars était placée sous le signe de la bonne humeur, due certainement en grande partie par la conclusion du premier contrat export du Rafale, officiellement signé le 16 février dernier. Le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier en a d’ailleurs profité pour annoncer que l’accord était entré en vigueur, avec l’arrivée du premier chèque d’acompte « en début de semaine ».
Les premières livraisons interviendront bien en 2015 – sans doute avant l’été et l’inauguration de l’agrandissement du canal de Suez. Il s’agit de transférer à l’armée de l’air égyptienne trois exemplaires des avions prélevés sur la chaîne d’assemblage et qui étaient à la base destinés à l’armée de l’air. Les trois suivants devraient quant à eux être livrés en décembre 2015/janvier 2016. Au total, Dassault Aviation livrera non pas onze Rafale comme les années précédentes, mais huit, les trois égyptiens, puis cinq à l’armée française.
Interrogé sur une éventuelle augmentation des cadences de production, Eric Trappier a déclaré qu’il n’y avait « pas de nécessité […] à ce stade », mais qu’au besoin – c’est-à-dire en cas de nouveaux contrats export – la cadence pourrait être montée à 2,5 avions par mois, voire même « un peu au-dessus ».
Le PDG de Dassault Aviation continue d’espérer le fameux effet « boule de neige » du contrat égyptien, qui pourrait influencer les actuels prospects en cours, voire en assurer de nouveaux : « La réussite d’un premier contrat à l’exportation remet le Rafale en haut de la pyramide. […] Il se voit mieux et de cette visibilité nous espérons avoir de nouveaux contacts avec de nouveaux pays que nous n’aurions peut-être pas imaginés il y a quelques années. »
Concernant l’Inde, Eric Trappier n’a pas apporté de nouveaux éléments sur une prochaine signature de contrat, se contentant de rester « confiant » sur l’issue des négociations entamées en janvier 2012. « On prend notre temps, ils prennent leur temps. Dassault est patient, mais aussi tenace. » C’est la partie industrielle qui prendrait le plus de temps, au vu des transferts de technologie et surtout de l’implication de l’industrie locale, qui va produire les Rafale dans ses propres usines. Une production qui sera « progressive » et qui débutera notamment avec la phase d’assemblage final du 19ème exemplaire, pour progresser « petit à petit » vers les autres phases.
L’avionneur français s’est montré plus discret sur le prospect au Qatar, se contentant de déclarer « on a bien travaillé ». Quant à la Malaisie, « ça suit son cours », mais il n’y aurait pas à ce jour de calendrier précis, ni d’appel d’offres. Au Canada, statu quo, le gouvernement n’ayant toujours pas décidé de continuer ou non avec le programme américain F-35 de Lockheed Martin : « On a présenté le Rafale à titre d’information, mais il n’y a pas de compétition aujourd’hui. En cas d’abandon, nous pourrions immédiatement être candidats. » Enfin, sur les Émirats arabes unis, Dassault Aviation « prépare l’avenir » et « fera tout pour vendre le Rafale », même s’il dément être en train de négocier un quelconque contrat.
Le standard F3R est toujours prévu pour 2018, les premiers essais en vol ont pour leur part d’ores et déjà été lancés. Au total, ce sont 137 Rafale qui ont été livrés à l’armée française, il en reste 43 sur la quatrième tranche de production. La cinquième dépendra de l’exportation et de la situation budgétaire. Pour finir, deux Rafale M rétrofité ont déjà été livrés, l’opération de modernisation devrait être achevée d’ici deux ans.








