Métier plutôt méconnu, mais intégré aux personnels de récupération au sol, le « médic » des commandos est chargé de mettre en œuvre les techniques de sauvetage au combat apprises lors de ses différents stages, afin de venir en aide au personnel à sauver. « Le but est de médicaliser et de ramener sur base le plus vite possible », résume l’un des médics du CPA 30 déployé sur la base de Pápa, en Hongrie, pour l’exercice de récupération de personnel CJPRSC (combined joint personnel recovery standardisation course), qui s’est tenu du 9 au 24 septembre.
Deux spécialistes secouristes du CPA 30 sont intégrés au détachement, avec deux binômes en formation. On devient médic « parce qu’on s’intéresse au secourisme », selon l’un deux. Avant d’être projeté sur le terrain, les secouristes du CPA 30 doivent suivre un volume conséquent de formations spécialisées : PSE1 et 2 (Premiers secours en équipe), SAC 1 puis SAC 2 (Sauvetage au combat), soit, mis bout à bout, quasiment quatre semaines de formation aux gestes de secours en équipe et avec du matériel.
Si le PSE1 et le PSE2 sont des formations civiles, les SAC 1 et 2 sont spécifiques au monde militaire et axées sur des techniques à mettre en œuvre en zone de combat. Le SAC 2 permet par exemple d’appréhender des techniques telles que la pose d’une perfusion intraveineuse ou d’effectuer des points de suture.
Entre l’apprentissage et la pratique, le fossé est grand. « Ça dépend de la mission et du temps qu’on a, mais c’est sûr qu’on ne prend pas les mêmes précautions qu’en formation PSE. Il ne faut pas oublier qu’on reste dans le domaine du combat, l’environnement n’est pas du tout le même. Les personnels sont généralement déjà assez contents qu’on vienne les récupérer », explique le médic. Car s’il y a une procédure à suivre et à appliquer – le « Safe March Ryan », chaque lettre ayant une signification précise et désignant la conduite à tenir – la réalité du terrain rattrape toujours les commandos.
Sur un traumatisme de la jambe, les commandos sont censés mettre en œuvre des attelles, mais « si on n’a pas le temps, on ne le fait pas, il ne va pas mourir parce qu’il a la jambe cassée ». La priorité est avant tout de mettre le personnel en sécurité dans l’hélicoptère. La médicalisation pourra le cas échéant se poursuivre à l’intérieur de l’appareil.
L’un des avantages pour le CPA 30 de participer à un exercice tel que le CJPRSC, c’est l’échange avec les commandos étrangers et les retours d’expérience. Et si parfois quelques problèmes de communication viennent perturber la coordination lors des phases de récupération au sol, globalement, l’expérience est positive.
Autre point positif, les échanges autour des matériels de secours, qui diffèrent d’une unité et d’un pays à l’autre. « Les Allemands ont par exemple un système de brancardage intéressant, avec une sangle qu’ils glissent sous le gilet pare-balle et qu’ils fixent avec un mousqueton, ce qui leur permet de porter une arme en même temps qu’ils transportent leur victime », nous détaille-t-on. Une technique qui a été « bricolée » par les commandos allemands et dont les médics du CPA 30 vont sans doute s’inspirer à leur retour en France.





