Co-pilote sur un Caracal lors du défilé aérien le 14 juillet dernier, l’officier américain actuellement en échange au sein de l’EH 1/67 « Pyrénées » s’est dit très « fier » de faire partie de l’équipage pour la fête nationale. Intégré au quotidien de l’escadron d’hélicoptères de Cazaux depuis un an, il lui reste encore deux années à passer en France, avant de retourner de l’autre côté de l’Atlantique.
Sa dernière affectation, la base de Davis-Monthan en Arizona, lui avait permis de se perfectionner sur HH-60 Pave Hawk au sein du 563rd Rescue Group. En arrivant en France, il a pu découvrir un hélicoptère « très modernisé » et une navigation facilitée, notamment grâce au pilote automatique « qui fonctionne très bien ». Une qualité technique qui avait également été soulignée par les équipages français en poste au Tchad (voir : Le Caracal, un hélicoptère de manœuvre aux capacités améliorées). L’adaptation au Caracal n’a cependant pas été très difficile, car « même avec plus de place à l’arrière, ce n’est pas extrêmement différent ». Il avoue cependant que ce qui lui manque, c’est la « petite roulette à l’arrière » qui permet notamment la manœuvre de poser d’assaut sur les Pave Hawk.
Le pilote assure n’avoir pas non plus été « dépaysé » par les procédures et la doctrine d’emploi, qui sont « quasiment les mêmes » d’un pays à l’autre. Il a en revanche fait la « bonne découverte » des missions de soutien, de transport, mais surtout des entraînements avec les commandos parachutistes de l’air et évoque notamment la manœuvre de « grappe » (lors de laquelle les commandos se retrouvent accrochés à la corde reliée à l’hélicoptère), qu’il n’avait pas expérimentée jusque-là.
Familier du ravitaillement en vol par les C-130 Hercules, il espère également avoir l’opportunité d’expérimenter cette manœuvre aux commandes d’un Caracal du « Pyrénées » et déplore l’absence de cette capacité au sein de l’armée de l’air française. « Je souhaite que ce soit au programme avant mon départ », déclare-t-il dans un français parfait et un grand sourire, en évoquant les campagnes menées avec des C-130 de l’US Air Force. Un Caracal piloté par un américain et ravitaillé par un C-130 de l’USAF, l’image ne manque pas de sel.
A la fin de son cursus français au sein de l’EH 1/67, le pilote de l’US Air Force retournera aux États-Unis pour reprendre ses missions de recherche et sauvetage au combat à bord d’un hélicoptère de conception américaine. Dans l’idéal, un Pave Hawk modernisé. L’expérience acquise sur Caracal pourrait d’ailleurs lui être bénéfique pour cette affectation, mais d’ici là, il compte bien exploiter au maximum l’opportunité offerte par cet échange. « C’est toujours bien de connaître les équipements des autres pays et d’avoir une expérience à l’étranger, avec une armée étrangère », explique-t-il. Une manière d’approfondir les relations de Défense entre les pays partenaires, qui pourra peut-être même servir en cas d’opération extérieure menée en coalition.
Pour le commandant de l’escadron, l’expérience est également très bénéfique et les échanges s’opèrent également avec d’autres pays. Ainsi, si l’échange franco-américain permet d’accueillir un pilote de l’US Air Force et d’envoyer un personnel du « Pyrénées » aux États-Unis, l’escadron a également lancé un partenariat avec l’Allemagne. Le premier pilote a effectué deux années et demie de service à Cazaux et est rentré au printemps dernier, tandis que le second personnel allemand arrivera en août prochain. En parallèle, un pilote de l’escadron vole actuellement sur un CH-53 de la Lutfwaffe.
Ces expériences permettent à l’EH 1/67 d’asseoir sa réputation en Europe, l’escadron faisant office de « référence » en matière de RESCO sur le continent, et ce, même si les États-Unis restent des leaders dans le domaine, ne serait-ce que par le nombre de moyens à disposition pour ce type de missions.
L’interopérabilité des équipages RESCO/CSAR fait par ailleurs l’objet d’exercices annuels à l’échelle européenne, organisés par le Groupe aérien européen. Le CJPRC (Combined joined personnel recovery course) se tiendra cette année à Papa, en Hongrie, du 9 au 24 septembre, après avoir été accueilli par la base de Florennes en Belgique en 2014 et à sur la BA 120 de Cazaux en 2013.








