Le chef d’état-major de la Marine nationale, l’amiral Bernard Rogel, a souligné lors de sa récente audition par les parlementaires de la commission défense les « difficultés » rencontrées avec les avions de patrouille maritime Atlantique 2, en raison de l’âge de la flotte, mais également de leur « suractivité opérationnelle ».
« Ils interviennent partout, de l’Arctique à la Syrie en passant par le Sahel », a déclaré le CEMM, qui déplore un manque dans « l’appréhension de cette disponibilité par le service industriel, qui a rencontré quelques problèmes avec un logiciel de commande des pièces de rechange ».
La modernisation de quinze des 22 appareils de la flotte ne sera pas sans poser quelques problèmes non plus, car elle ne viendra pas améliorer le taux de disponibilité des avions, qui était de 25% en 2014, selon le rapport spécial de François Cornut-Gentille, remis le 21 octobre dernier lors de la commission élargie qui examinait le budget 2016, 27% selon l’amiral Rogel. En baisse depuis trois années, le taux de disponibilité était de 30,8% en 2012, avant de passer à 27,9% en 2013.
On apprend cependant que le « plan d’urgence » adopté par la Marine nationale pour améliorer la situation a « créé quelques frictions », en raison de l’idée émise d’envoyer des ATL2 « directement chez l’industriel sans passer par le Service industriel de l’aéronautique (SIAé) ».
Véritable « couteau suisse », l’Atlantique 2 peut aussi bien être déployé au-dessus de la mer que de la terre et opère actuellement au profit des opérations Serval en Afrique de l’Ouest et Chammal au Moyen-Orient. Ces frégates du ciel possèdent une longue endurance et un très long rayon d’action, de quoi effectuer des missions de surveillance, de reconnaissance et de renseignement. Les ATL2 peuvent également larguer des bombes (GBU-12). Une capacité ISR précieuse, entre autres enviée par la Grande-Bretagne, qui a retiré ses Nimrod du service actif depuis quelques années et qui semble le regretter actuellement.








