L’escadron de transport 60 a fêté son 70ème anniversaire ce 9 septembre sur la base aérienne 107 de Villacoublay. Doté d’une flotte de dix aéronefs, un A330, deux Falcon 900, deux Falcon 2000, deux Falcon 7X et trois Super Puma, l’escadron de 150 personnels est d’alerte 24h/24 et 7jours/7 pour l’ensemble des missions de transport d’autorités civiles et militaires et d’évacuations médicales.
En 70 ans, « rien n’a changé », selon le commandant en second de l’ET 60, le commandant Pierre. « Le besoin est resté le même depuis la création des LAM (liaisons aériennes ministérielles, ndlr), l’autorité politique a toujours besoin de se déplacer aux quatre coins du monde en fonction de l’actualité nationale et internationale et le besoin de faire évacuations sanitaires au profit des forces armées est également resté une constante. »
Si les missions n’ont pas fondamentalement changé, les avions ont bien évolué depuis 1945, mais comme le dit non sans humour le commandant Pierre, « on a des avions mythiques, c’est encore une constante ». Le dernier renouvellement de la flotte a notamment vu l’arrivée des Falcon 7X et 2000LX, et surtout l’A330 présidentiel. Une acquisition pas toujours bien comprise, mais qui se justifie, selon le second de l’unité, par une « liberté d’action chère aux politiques, de pouvoir décoller en France et d’atterrir dans les zones d’intérêt sans escale ».
La flotte est « réversible » et permet tout aussi bien les déplacements gouvernementaux que les MEDEVAC, avec des changements de configuration « en moins de trois heures ». Concernant les MEDEVAC, l’escadron tient ainsi tous ses moyens en alerte, le choix de l’aéronef et le modus operandi est lui vu « au cas par cas », en fonction de la pathologie et de la situation de la victime. Ce sont les médecins qui se prononcent sur le diagnostic vital et qui se prononcent sur la suite à donner. Les évacuations sanitaires médicales priment par ailleurs sur le reste et il est d’ailleurs déjà arrivé que des vols d’autorités politiques soient annulés pour être reconfigurés en mode MEDEVAC. « On ne prendra jamais le risque de laisser quelqu’un sur le carreau », confie le commandant Pierre.
L’escadron travaille ainsi en étroite collaboration avec le Service de santé des armées et l’escadrille aérosanitaire, notamment sur l’adaptation de nouveaux aéronefs pour le transport de blessés. « Chaque compétence est autour de la table pendant le travail de développement de l’appareil », explique le commandant en second. « C’est un vrai travail conjoint. Si on doit par exemple modifier les structures de l’avion, en tant que pilote, nous apportons une expertise centrée sur les performances de l’avion. »
Petite histoire du GLAM En 1945, le Groupe aérien d’entraînement et de liaison (GAEL) et le Groupe de liaison aérienne ministérielle (GLAM) sont regroupés au sein de la 60ème escadre de transport. La flotte se compose entre autres de Junker Ju-52, Nord 1 000, C-60 Lockheed ou encore DC-4. Les premiers hélicoptères, des Alouette II et des H-34, arrivent en 1961. D’autres appareils seront opérés par l’escadre, Caravelle, DC-6, M-XX, Nord 262, Super Frelon… Après l’accident du Puma présidentiel en 1986, le GLAM se modernise. Le premier Falcon 900 est intégré à la flotte en 1987. Dauphin, Super Puma et M-XX font toujours partie de l’inventaire de la flotte. La 65ème escadre de transport est dissoute en 1993 et remplacée par l’escadron de transport, d’entraînement et de calibration (ETEC) 00.065, qui intègrera en 1995 les moyens matériels et humains du GLAM, dissout en 1995. L’escadron d’hélicoptères 3/67 « Parisis » est rattaché à l’ETEC en 2005 et une nouvelle modernisation de la flotte entre 2009 et 2012 intègre les Falcon 7X et 2000LX, ainsi qu’A330, mettant de fait les A319CJ et Falcon 50 à la retraite. L’ETEC est officiellement rebaptisé escadron de transport 60 le 1er janvier 2014. |








