La DGA a annoncé ce 11 décembre que le système SYSIPHE (Système spectro imageur de mesure des propriétés hypers pectrales embarqué) allait être évalué en condition opérationnelle au cours de l’été 2015 sur le site de Canjuers. Deux campagnes aéroportées sont prévues, à priori à partir d’un Dornier 228.
Le marché a été notifié à l’ONERA pour une durée de quatre ans et devrait permettre « d’évaluer le potentiel de l’imagerie hyperspectrale » pour des applications militaires, en tant que potentiel futur système de reconnaissance, de détection et d’identification.
L’imagerie hyperspectrale permet de différencier les matériaux en fonction de leur longueur d’onde, donc de distinguer leur nature et leur texture, au contraire de l’imagerie infrarouge qui se base elle sur la température. Allant du visible à l’infrarouge lointain, sur plus de 500 bandes de couleurs, elle offre une plus grande précision dans la détection et la catégorisation de cibles. La DGA précise qu’il sera possible de détecter un char peint en vert et caché par des feuillages, puisque la chlorophylle et la peinture n’apparaîtront pas sur la même bande de fréquence. Il en va de même dans le cas de la distinction entre des leurres et des cibles par exemple, ou de la détection d’agents chimiques, ou encore de la caractérisation des sols.
L’ONERA est maître d’œuvre du programme SYSIPHE et travaille en collaboration avec la DGA et son homologue norvégienne, la FFI (Forsvarets Forskningsinstitutt), ainsi qu’avec le Centre aéronautique et aérospatial allemand (DLR), ainsi qu’avec des industriels tels que Leica et Sofradir. Le centre français de la recherche aéronautique, spatiale et de défense travaille sur ce projet de développement depuis sept ans.
Une première campagne d’essais en vol avait été menée en septembre 2013 sur le site de DGA Essais en vol. Le boîtier avait alors été embarqué à bord d’un Dornier 228, car il est pour l’instant trop volumineux pour être intégré à un pod – ce qui fera partie d’un des objectifs futurs du programme.
« On défriche le domaine », explique-t-on à la DGA, dans le cadre d’une étude en amont, qui pourrait à l’avenir changer la donne dans le domaine de la reco.








