Le CEAM n’est plus, vive le CEAM NG. Depuis le 1er septembre, on ne parle plus de Centre d’expériences aériennes militaires, mais du Centre d’expertise aérienne militaire. Un CEAM « nouvelle génération », résultat de la fusion entre l’ancien CEAM, âgé de 82 ans, et le CENTAC (Centre tactique air), qui avait été créé en septembre 2012.
Subordonné au major général de l’armée de l’air, le CEAM a été conçu sur le modèle d’un « Air warfare center », un véritable centre de guerre aérienne regroupant 23 unités et couvrant « l’intégralité du spectre d’emploi de l’arme aérienne », tout en constituant « une référence reconnue dans la conception et la conduite des expérimentations opérationnelles », selon les mots du général Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air.
Au 1er septembre, date de sa création officielle, le CEAM comptabilise ainsi 703 personnels, 23 unités divisées entre les pôles « C2/ISR », « intervention », « projection », ainsi que trois divisions fonctionnelles : doctrine/retex (retour d’expérience), équipements et expertise tactique. Ces trois pôles assureront la coordination des retex et des études exploratoires au niveau opératif, tout en participant à la modernisation des équipements (niveau stratégique) et en permettant la « capitalisation » des pratiques vertueuses et des initiatives opérationnelles (niveau tactique).
« Courroie d’entraînement essentielle de la transformation de l’armée de l’air », le CEAM va ainsi « fédérer l’ensemble des expertises rares du domaine capacitaire de l’armée de l’air afin d’accélérer la satisfaction du besoin opérationnel » des forces aériennes, explique le général Mercier. Il s’agit surtout d’accélérer le processus de retex et d’innovation et de centraliser les expertises au sein d’une même unité.
Au centre de ce CEAM de nouvelle génération, la formation des « référents tactiques », des personnels, « relais et capteurs » du CEAM au sein de leurs propres unités. L’idée est simple : il s’agit de leur faire venir un référent d’une unité, de lui faire acquérir certaines méthodes, pour qu’il devienne – une fois revenu dans son unité – le point de contact privilégié pour toutes les questions de doctrine, de technique, de tactique. Ce sera également au référent tactique de faire remonter au CEAM les « bonnes pratiques » identifiées au sein de l’unité pour éventuellement pouvoir les appliquer à d’autres. « On est bien sur la thématique « comment faire évoluer les systèmes d’armes et les tactiques » », détaille le général Mercier.
Comme l’énonce le général Reboul, commandant du CEAM, « pour faire du bon retex à chaud, on a besoin de capteurs, l’intérêt est de voir partout sur le champ de bataille ce qui se passe ». Il insiste sur la nécessité d’un travail en coopération et d’une vision élargie des besoins des forces. « On a formé ces référents tactiques à voir ce qui intéresse aussi les autres. On a ouvert la bande spectrale du capteur pour en faire un expert multiculturel. » L’idée serait d’en avoir au moins un par unité de « première ligne », deux étant le chiffre « optimal ».
Le premier stage de référent tactique s’est tenu en début d’année et comptabilisait douze stagiaires. Vingt-quatre autres référents seront formés d’ici la fin de l’année 2015. De petites promotions, le stage étant « très exigeant » selon le CEMAA. L’objectif est de pouvoir mener une session et demie par an, car ce stage n’est pas une école permanente et le CEAM prélève des personnels sur ses effectifs pour former les stagiaires.
La transformation du CEAM a nécessité près d’un an de travail. Et le premier « dossier » dont il doit se saisir, c’est la formation des personnels qui rejoignent cette unité. « C’est assez long, car les gens sortent des unités et on des tas de connaissances que nous n’avons pas, et nous devons les former à nos méthodes ». Dans la foulée, le général Reboul évoque le plan de charge du centre, en termes d’équipements, de matériels, de doctrine, ainsi que des thématiques récurrentes sur l’appui aux exercices, les réflexions en cours sur la guerre de demain… Autant de sujets qui doivent mener l’armée de l’air à « faire face aux incertitudes et contraintes omniprésentes, ainsi qu’à l’extrême diversité des situations auxquelles la Défense doit pouvoir répondre ».








