Le directeur général de l’armement Laurent Collet-Billon et le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Denis Mercier, ont fait part de leurs inquiétudes respectives quant au programme A400M, lors de leur audition par la commission de la défense nationale et des forces armées la semaine dernière.
Si le DGA a assuré qu’il était toujours un « farouche partisan » de l’avion de transport d’Airbus Defence & Space, mettant en avant ses capacités en termes de transport logistique, il a tout de même émis quelques doutes sur ses futures capacités tactiques. Il a ainsi déclaré : « le doute est de mise sur le parachutage simultané par les deux portes », comparant ce problème avec les difficultés rencontrées auparavant par le C-17 dans ce domaine – difficultés qui avaient été réglées « par un changement de parachute ».
« S’agissant du ravitaillement en vol des hélicoptères, les dernières nouvelles ne sont guères positives non plus », a-t-il également déclaré aux parlementaires. Cette capacité tactique – très attendue par les forces armées – manque cruellement à l’appel et ne risque pas d’être intégrée avant 2018 au plus tôt. Le DGA avait émis des doutes sur cette capacité début 2015, mettant en avant des paramètres techniques qui empêcheraient de fait de ravitailler les voilures tournantes : rotation des hélices, manque de stabilité, vitesse.
Concernant l’autoprotection, enfin, Laurent Collet-Billon a déploré n’avoir « pas beaucoup de nouvelles », ce qui ne serait « évidemment pas bon signe » et demande à l’avionneur des précisions sur les perspectives d’intégration de cet équipement, qui permettrait une meilleure survivabilité face aux menaces de type missile de courte portée à guidage infrarouge.
Le DGA annonce par ailleurs qu’une rencontre entre le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et le PDG d’Airbus Tom Enders se tiendra en juillet prochain, afin de mettre au clair les plannings de livraison des A400M, mais également pour faire un point sur « l’avancement des différents développements ». Le nouveau calendrier des livraisons, annoncé par Tom Enders début 2015 mais repoussé, n’a toujours pas été rendu public.
Du côté de l’armée de l’air, le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, rappelle que si les capacités logistiques de l’A400M sont « formidables », les retards pris dans les capacités opérationnelles nécessitent de réfléchir sérieusement à l’acquisition d’autres avions, capables d’effectuer des missions telles que le ravitaillement en vol des hélicoptères.
Le général Mercier tient tout de même à rappeler que « le C-130 ne fait pas mieux que l’A400M : c’est seulement que ce dernier a pris du temps – mais Airbus, je le vois, s’est mis en ordre de marche ». Il se dit « très confiant » sur le programme et, revenant sur l’accident de Séville, « plutôt critique » sur les décisions malaisiennes, allemandes, turques et britanniques de clouer leurs avions au sol : « Un avion vole toujours en vertu d’un certificat de navigabilité. Ce certificat est différent selon que l’avion est en essai-réception ou utilisé en ligne. Le certificat de l’avion qui s’est écrasé à Séville était un certificat de vol en essai-réception et non de vol de ligne ».
Le CEMAA prévoit l’arrivée des premières capacités tactiques – largage de parachutistes et autoprotection – à la fin de l’année/en 2016. « Nous commencerons à cette date à avoir l’avion que nous attendions. »








