La France est pleinement intégrée au système de défense aérienne et antimissile de l’OTAN (NATINAMDS – NATO Integrated Air and Missile Defence System) depuis le 10 juin. S’il n’y a pas de changement concret au regard de ce qui se fait actuellement en matière de surveillance et de défense de l’espace aérien, c’est pourtant bien le signe que la France intègre de plus en plus de moyens dans l’OTAN depuis son retour en 2009 et contribue de manière accrue à la défense collective des 28 pays membres de l’Alliance Atlantique.
La France garde cependant l’entière gouvernance de ses moyens aériens, sans aucune perte de souveraineté. Concrètement, l’intégration de la France au sein du NATINAMDS permettra à l’OTAN de demander le suivi, l’assistance ou l’interception d’un avion si celui-ci va au-delà des frontières aériennes françaises. Si des accords de coopération bilatérale existent d’ores et déjà avec les pays frontaliers – à l’image de l’accord franco-suisse qui avait permis l’escorte par l’armée de l’air d’un 767 d’Ethiopian Airlines détourné en février 2014 – il s’agit à présent « d’élargir et de faciliter les zones de protection ».
Fait particulier et unique, la surveillance de l’espace aérien français a été répartie entre deux CAOC (Combined Air Operations Centre), celui d’Uedem, en Allemagne, qui surveille les espaces aériens des pays nord de l’OTAN, ainsi que celui de Torrejon, en Espagne, qui prend en charge la surveillance de la partie sud des nations otaniennes. Une situation qui « démontre les relations spéciales et l’interopérabilité partagée au sein de l’Alliance », selon l’Allied Air Command, dont le commandement est situé sur la base de Ramstein, en Allemagne.
Un premier exercice – qui a validé l’intégration complète de la France – s’est tenu le 10 juin, avec le déclenchement d’une alerte à par le CAOC d’Uedem. Le Mirage 2000 a décollé dix minutes après l’alerte et a intercepté la cible fictive 14 minutes plus tard.








