Pas de répit pour les A400M de l’armée de l’air. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait déclaré au mois de mai – peu après l’accident d’un A400M à Séville – que les appareils français ne seraient pas cloués au sol, mais qu’ils effectueraient uniquement des vols « prioritaires » pour les opérations. Il semble pourtant que ce soit « business as usual » pour l’escadron 1/61 « Touraine », qui continue de faire voler ses avions de transport sur le territoire national comme sur les théâtres d’opérations extérieures.
Pour preuve, le dernier arrivé de la famille, MSN14, baptisé « Ville de Colmar » le 28 mai dernier sur le tarmac de l’aéroport de sa ville marraine, était également présent lors du premier meeting de l’air de la FOSA (Fondation des oeuvres sociales de l’air) ce weekend sur la BA 126 de Solenzara en Corse. Il était en Jordanie « en début de semaine » et devrait repartir très vite pour Djibouti, détaille-t-on au sein de l’escadron. Quant au premier A400M de l’armée de l’air, MSN7, livré en août 2013, il devrait être présent sur le salon du Bourget dès le 15 juin prochain, effectuant l’ouverture du salon en formation avec la Patrouille de France, avant de venir se poser au Bourget pour y rester toute la semaine. Des démonstrations de chargement auront lieu, sans doute avec un VBCI.
Une activité plutôt chargée en dehors du contexte opérationnel, qu’explique le chef d’état-major de l’armée de l’air le général Denis Mercier par la nécessaire formation des équipages : « Si l’A400M est là aujourd’hui, c’est que si on veut continuer à l’utiliser, il faut continuer à former des pilotes, donc il faut bien qu’on les fasse voler. En fin de compte, nos avions font des missions d’entraînement, c’est une très bonne utilisation de ce potentiel. » Il précise que « le jeu en vaut la chandelle ».
Du côté de l’avancée du programme d’Airbus Defence & Space et des capacités tactiques, « très attendues », le saut se fera fin 2015-début 2016, lors de la livraison du huitième exemplaire. Celui-ci permettra au « Touraine » de « remettre un pied dans le tactique », selon les mots d’un de ses personnels. Au menu des expérimentations : largage de parachutistes, décollages et atterrissages sur des terrains non-préparés, ravitaillement en vol. Concernant le ravitaillement, les efforts porteront dans un premier temps sur la capacité à être ravitaillé, le ravitaillement de chasseurs étant prévu pour un standard ultérieur. « La documentation est mise à jour au fur et à mesure, une fois les essais en vol achevés, ainsi que la phase d’expérimentations de l’équipe de marque, on attaquera la formation des équipages. Ça ne devrait pas être très très long, tout dépendra surtout des tankers et de leur disponibilité. » Car les C-135FR et KC-135 de l’armée de l’air sont eux aussi très sollicités par les opérations extérieures et les différents chantiers de rénovation, même si l’un d’eux était également présent sur la BA 126.
Si le CEMAA parle d’une « disponibilité remarquable » des appareils, les différents chantiers en cours impactent tout de même la flotte d’A400M, à tel point que certains font état d’une certaine frustration de ne pas avoir volé de manière soutenue ces derniers temps. Comme l’explique l’un des commandants de bord, les premières grandes visites sont plus longues, afin de permettre à l’AIA de Clermont-Ferrand de se « calibrer ». MSN7 était entré dans les ateliers en janvier dernier, il en est ressorti depuis et a laissé sa place à MSN8. « A chaque fois, on perd un appareil, d’autant plus qu’on a attaqué les retrofit, puisqu’on veut que les premiers appareils soient au même standard que MSN14 », indique-t-on au sein de l’escadron. La demande est « très forte » et les appareils volent de manière régulière, même si « on pourrait voler plus ».








