Le délégué général pour l’armement Laurent Collet-Billon s’est montré plutôt réservé en évoquant hier le programme A400M, à l’occasion de la présentation des résultats annuels de la DGA. S’il évoque un avion « bien né » « qui fait son job », il observe avec plus d’inquiétudes les capacités tactiques qui vont être qualifiées au fur et à mesure.
En effet, les six premiers A400M opérés par l’armée de l’air ne peuvent pour l’instant qu’effectuer des missions de transport logistique, le premier standard opérationnel. Les capacités tactiques très attendues, le largage de parachutistes et le ravitaillement en vol des hélicoptères, semblent poser plus de problèmes. Une solution existe pour le largage depuis les portes latérales, mais elles ne semblent « pas totalement satisfaisantes » pour le DGA. Le largage par la rampe arrière ne poserait lui en revanche pas de difficultés particulières.
Seconde difficulté technique évoquée par Laurent Collet-Billon, le ravitaillement en vol, jugé pour l’instant trop dangereux pour les hélicoptères, notamment en raison du sens de rotation des hélices de l’A400M et du manque de stabilité de la manœuvre. Le ravitaillement en vol des hélicoptères serait toutefois toujours prévu dans le contrat, à l’horizon 2017-2018, selon un connaisseur du dossier, et il y aurait un « vrai besoin » exprimé par les forces armées françaises et – fait surprenant – les forces armées allemandes.
Laurent Collet-Billon doit par ailleurs se rendre cette semaine à Berlin afin d’y rencontrer ses homologues allemand, britannique et espagnol pour discuter du programme A400M. L’occasion également de rencontrer le nouveau directeur de la branche Military Aircraft d’Airbus Defence & Space Fernando Alonso. « On écoutera ce qu’ils ont à nous dire en termes de capacités de livraison en 2015 […] et sur la fourniture du standard 1.5, qui devrait être livré à la rentrée », précise le DGA.
Cette réunion permettra sans doute aux responsables de l’armement d’obtenir des garanties sur les plans industriel et militaire, alors qu’Airbus Defence & Space doit présenter au plus tard le 27 février prochain un nouveau calendrier de livraison aux pays clients. Rappelant que les armées « ont besoin » de l’A400M et que « pour faire le job, il faut des avions », Laurent Collet-Billon se montre ferme : « Concernant la production et le développement, nous ne sommes pas satisfaits », ajoutant « on sera ce qu’on a toujours été, un client extrêmement exigeant ».
Quant aux défauts constatés à la livraison des premiers appareils, « quelques centaines », selon un proche du dossier, qui précise que cela peut aussi bien concerner des éclats de peinture que des éléments plus importants, leur étendue exacte n’est pas encore connue.
Le député François Cornut-Gentille a d’ailleurs adressé une question parlementaire à ce sujet le 3 février dernier, suite aux révélations de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui chiffrait à 875 le nombre de défauts constatés sur le premier exemplaire de la Luftwaffe livré en décembre dernier. Le député a donc demandé « l’inventaire exhaustif des défauts constatés sur les premiers exemplaires d’A400M par les autorités françaises » ainsi que « les modalités financières et techniques de remise à niveau ». Une question pour le moment sans réponse.








