Alors que les cinq A400M de l’armée de l’air continuent leur montée en puissance en attendant le sixième exemplaire – qui devrait être livré avant la fin 2014 – le Journal de l’Aviation a décidé de consacrer son dernier portrait de l’année au plus jeune des pilotes A400M de l’escadron de transport 1/61 « Touraine ».
Au tout début, il y a une proximité avec la BA 105 d’Évreux et ses avions de transport, se rappelle le capitaine D. : « Originaire d’Évreux, ce que je voyais tous les jours, c’étaient les Transall, donc forcément, j’étais un peu orienté ». Un choix de se diriger vers l’aviation de transport au sein de l’armée de l’air qui s’affine et s’affirme par la suite.
Sorti de l’école de transport d’Avord en mai dernier, le capitaine D. affiche actuellement une cinquantaine d’heures de vol sur A400M. C’est le tout premier pilote de l’escadron à avoir été formé ab initio. « Après une période de formation initiale, je suis à présent en formation opérationnelle, et avant de pouvoir être lâché pilote opérationnel, il va me falloir encore quelques mois », explique-t-il. Et la formation ne s’arrêtera pas une fois cette qualification acquise, car l’évolution des standards et la livraison au fur et à mesure des capacités s’accompagnera à chaque fois d’une nouvelle phase d’apprentissage : « pour le ravitaillement en vol ou d’autres capacités très spécifiques, il faudra de nouveau passer par une qualification technique ».
Si l’aviation de transport a été un choix, piloter un A400M l’a été tout autant. A l’instar des pilotes de chasse, les pilotes de transport formulent également des vœux pour leur affectation en escadron. « Lorsqu’on sort d’Avord, on est tous brevetés et on passe devant une commission, qui statue en fonction du classement. L’A400M était mon premier choix, j’ai eu la chance d’arriver au moment où les premières places étaient proposées, et mon classement a permis que je sois là aujourd’hui », détaille le capitaine.
Depuis son affectation, le jeune pilote a découvert « une nouvelle manière de piloter », que ce soit par rapport à la masse de l’avion ou aux commandes vol électriques. « Les sensations ne sont pas du tout les mêmes, et puis découvrir les vols de plusieurs heures, la planification, la gestion de la mission, de la fatigue, ce sont ces choses très nouvelles, qui me plaisent beaucoup. » Il a aussi bien effectué des vols d’entraînement au-dessus de la base que des vols sur tout le territoire français, et même plus loin encore…
Il salue également la transmission des savoirs, notamment à travers l’expérience des autres pilotes de l’escadron, acquise sur des appareils plus âgés tels que le Transall ou l’Hercules : « Je suis le dernier arrivé, le plus jeune, c’est une chance énorme et un privilège d’être le premier à arriver sur cet avion, parce que je suis entouré de gens qui sont déjà commandants de bord, l’apprentissage va se faire d’autant plus vite. »
Sur la BA 123 d’Orléans-Bricy, qui accueille donc les premiers A400M au sein de l’escadron 1/61 « Touraine », le quotidien est rythmé par des vols, de la préparation de mission, de la planification à plus long terme. « On évalue la possibilité de faire telle ou telle mission, quel chargement on peut emmener, en fonction des endroits. » Mais surtout, pour le nouveau pilote, « c’est travailler tout le temps, parce que le manuel est un peu conséquent (rires) ». Sept mille pages, dont certaines doivent être connues par cœur, « lorsqu’on n’a pas le temps de regarder le manuel ». Le capitaine précise que la « bonne connaissance du système et la manière dont on les utilise » sont évidemment essentielles pour faire voler l’avion.
La perspective de pouvoir effectuer un « très large panel de missions » avec un avion « dont on a tellement entendu parler », voilà ce qui attend le pilote ces prochaines années. Et avec la montée en puissance de la flotte ainsi que le développement de nouvelles capacités telles que l’aérolargage ou le ravitaillement en vol, les expériences seront nombreuses.








