Airbus a publié de nouveaux résultats record pour son exercice 2025, malgré des tensions toujours tenaces sur sa chaîne de fournisseurs.
Le groupe aéronautique européen a ainsi vu son chiffre d’affaires bondir de 6%, atteignant 73,4 milliards d’euros sur l’année, portée notamment par l’augmentation des livraisons d’avions commerciaux mais aussi par une forte demande pour l’ensemble de ses produits civils et militaires.
L’EBIT ajusté s’est établi à 7,1 milliards d’euros, performance record, contre 5,35 milliards un an plus tôt, dont 5,47 milliards pour la seule activité avions commerciaux.
« Nous avons évolué dans un environnement mondial complexe et dynamique, notre priorité étant de gérer les contraintes de la chaîne d’approvisionnement qui ont engendré un décalage, voire une désynchronisation, entre la production et la livraison au cours de l’année » a expliqué Guillaume Faury, le Président exécutif d’Airbus, lors de la conférence de presse du groupe aéronautique à Toulouse.
Airbus Commercial avait en effet livré 793 avions commerciaux à 91 clients l’année dernière (+4%), dépassant légèrement son objectif annuel révisé fixé à « environ 790 » appareils après une réduction de cible décidée en fin d’année en raison de difficultés industrielles chez un fournisseur espagnol.
L’avionneur européen aura ainsi produit 700 monocouloirs (93 A220 et 607 appareils de la famille A320neo), 2 A330-200 (devant être convertis en A330 MRTT), 34 A330neo (dont un A330-800) et 57 A350 (dont 15 A350-1000). Pour rappel, la famille A320 est le programme le plus vendu de l’histoire, et celui avec le plus grand nombre d’avions livrés depuis l’année dernière. Mieux, le backlog de la division Airbus Commercial à aussi atteint un nouveau record avec 8 754 avions restant à livrer au 31 décembre, grâce aux 1000 appareils vendus l’année dernière (889 en commandes nettes, en retirant les annulations).
A noter, le commandes de la division ont représenté quelque 92,3 milliards d’euros en 2025 (+19%).
La division dédiée aux hélicoptères n’a pas été en reste avec des livraisons qui ont progressé l’année dernière pour atteindre les 392 machines, contre 361 en 2024. Le chiffre d’affaires de la division affiche ainsi une progression de 13% par rapport à 2024, à 9 milliards d’euros, avec également une hausse des activités de services. Airbus Helicopters a ainsi dégagé un EBIT ajusté de 925 millions d’euros.
De même pour la division Airbus Defence and Space qui a vu son EBIT ajusté remonter à 798 millions d’euros, contre –566 millions un an plus tôt, grâce à des volumes en hausse et aux effets de son plan de transformation. « Nous récoltons les fruits de la transformation de la division et profitons de la dynamique créée par l’augmentation des dépenses de défense en Europe et dans le monde » s’est réjouit Guillaume Faury.
Les livraisons d’avions commerciaux d’Airbus dépasseront celle de 2019 cette année
Pour 2026, Airbus vise environ 870 livraisons d’avions commerciaux, un EBIT ajusté d’environ 7,5 milliards d’euros et prévoit de générer un flux de trésorerie disponible avant financement client d’environ 4,5 milliards d’euros.
Cet objectif de livraisons est donc supérieur aux livraisons réalisées en 2019 (863 appareils), juste avant le déclenchement de la pandémie, même si l’on a senti que l’avionneur n’était pas vraiment satisfait de cette ambition pour l’année. Car les livraisons non effectuées l’année dernière s’ajouteront mécaniquement aux avions devant être assemblés cette année, ce qui aurait dû davantage contribuer aux perspectives fixées pour 2026.
En cause, un nombre insuffisant de livraisons de moteurs PW1100G-JM par Pratt & Whitney annoncé cette année, le motoriste américain devant aussi produire des GTF pour remettre en service des appareils toujours immobilisés.
« Le refus de Pratt & Whitney de s’engager sur le nombre de moteurs commandés par Airbus impacte négativement les prévisions et la trajectoire de montée en puissance pour cette année. En conséquence, nous prévoyons désormais d’atteindre un rythme de production de 70 à 75 appareils par mois d’ici fin 2027 [pour la famille A320neo], puis de nous stabiliser à 75 appareils par la suite » a annoncé Guillaume Faury.
Le Président exécutif d’Airbus a précisé que les prévisions de livraisons pourraient bien sûr évoluer mais qu’elles restaient intimement liés aux engagements de Pratt & Whitney.
« Nous continuons de travailler sans relâche pour faire respecter nos droits contractuels, qui, selon nous, ne sont pas respectés dans ce cas précis » annonce-t-il. « Nous nous concentrons également sur les volumes de moteurs Pratt & Whitney pour 2027 afin de revenir à la normale au moins en 2027, si 2026 ne connaissait pas d’amélioration » a-t-il ajouté.








