« First to fly A320neo ». C’est ainsi qu’était introduit le nouveau monocouloir remotorisé d’Airbus par la compagnie de lancement Lufthansa il y a maintenant 10 ans, avec une première livraison le 20 janvier 2016. Nous participions d’ailleurs quelques jours plus tard à un ferry flight entre les installations d’Airbus à Finkenwerder et le hub de la compagnie aérienne allemande à Francfort pour marquer l’évènement. Que de bons souvenirs…
Mais les choses se sont quelque peu accélérées depuis avec près de 4400 exemplaires livrés aux quatre coins du globe pour l’ensemble de la famille A320neo, un succès industriel et commercial sans précédent qui aura même profondément bousculé Boeing. La famille de monocouloirs remotorisés d’Airbus devance d’ailleurs encore de loin la famille 737 MAX, avec un différentiel de plus de 2200 exemplaires en backlog. Et si les temps de livraisons pouvaient être réduits, nul doute que nombre de compagnies aériennes auraient fait un tout autre choix, notamment en Asie.
Les impératifs du ramp-up n’ont jamais été autant d’actualité chez Airbus, en dépit des difficultés encore présentes chez les motoristes et équipementiers. L’objectif des 75 exemplaires par mois à horizon 2027 est un véritable défi, parfois même jugé intenable avant la fin de la décennie par certains observateurs, surtout de l’autre côté de l’Atlantique. C’est d’ailleurs ce qui va principalement occuper Lars Wagner, désormais à la tête Airbus Commercial Aircraft depuis quelques jours. Fin connaisseur des rouages et des programmes de l’avionneur depuis près de 30 ans, il profitera aussi grandement de son passage à la tête de MTU Aero Engines qui lui a permis d’être directement en prise avec le motoriste américain Pratt & Whitney, en particulier sur le programme GTF et ses évolutions.
Car c’est aussi l’un des grands sujets qui concernera au premier chef Lars Wagner dans les prochaines années pour une décision attendue avant la fin de la décennie : quel sera le successeur de l’A320neo, avec quel(les) motorisation(s), quelle architecture, quelles technologies ? Faudra-t-il partir d’une feuille entièrement blanche ?
Les montées en cadence successives de l’A320neo depuis 10 ans ont également montré que les enjeux industriels constituaient un véritable risque, un risque qui s’ajoutera aussi à ceux liés aux choix technologiques qui viendront à bord du futur avion de 200 places européen. Ce qui est sûr c’est que les 10 prochaines années s’annoncent très passionnantes, et surtout déterminantes pour le numéro un mondial des avions commerciaux. C’est même toute une partie de l’avenir de l’industrie en Europe qui est concernée.
