Quel est votre sentiment sur la reprise au Moyen-Orient et sur la conjoncture en général
Tarmac Aerosave travaille avec différents opérateurs basés au Moyen-Orient, mais aussi avec des loueurs de la région. Nous observons deux choses. Il y a tout d’abord à nouveau de l’activité pour la remise en service des avions, ce qui est une bonne chose. C’est vrai sur les monocouloirs A320 et 737, mais également sur les gros-porteurs. Nous voyons clairement une accélération. L’année dernière, nous avons réalisé 280 mouvements d’avions, arrivées et départs confondus, ce qui signifie que l’activité repart. Et en ce début d’année, nous observons beaucoup de demandes de remises en service pour la saison été qui arrive, pour des monocouloirs et, étonnamment, aussi pour des gros-porteurs.
C’est plus important que ce qui avait été prévu ?
Nous n’avions pas vraiment une vision directe sur le niveau prévu, car la reprise de trafic est dictée par les compagnies aériennes et sur des appareils qui n’étaient pas nécessairement stockés. Par contre, ce que nous voyons, c’est que les avions sont livrés vers des compagnies un peu nouvelles, par exemple pour des opérateurs basés en Indonésie, en Amérique du Sud. Nous voyons aussi beaucoup d’avions partir vers l’Afrique. Nous sentons une vraie reprise du trafic sur ces régions, avec des avions qui sont donc livrés assez loin de nos installations que sont Tarbes, Toulouse et Teruel. Cette dynamique se ressent vraiment.
Pensez-vous que 2022 sera une nouvelle année record en termes de transitions d’appareils ?
Nous pourrions le croire, mais en fait pas vraiment, et ce pour deux raisons. La première, c’est qu’avant le déclenchement de la pandémie, nous avions une activité en progression chaque année, car la part de la flotte mondiale appartenant aux loueurs était aussi croissante tous les ans. Les loueurs, historiquement, c’est la base de nos clients la plus importante. Nous avions donc effectivement une croissance régulière très soutenue sur cette activité. Mais avec la crise, nous avons connu une phase durant laquelle une grande partie de l’activité était tournée vers les compagnies aériennes, sur une problématique de place pour stocker leurs avions. Nous revenons maintenant sur une phase, que j’espère post-Covid, où les opérateurs déstockent beaucoup d’avions chez nous pour les remettre en vol. Je pense par exemple à British Airways qui remet progressivement en service ses A380, une excellente nouvelle. Et nous sentons aussi que les loueurs poussent beaucoup pour les relivraisons d’avions, avec une part de marché toujours croissante. Avec ces remises en service, il y a aussi plus de demandes de maintenance associée et plus de demandes sur de la peinture. L’année 2022 démarre ainsi assez fort et je pense que cette tendance va perdurer, avec, nous l’espérons, de plus en plus de gros-porteurs qui repartiront, ce qui voudra dire que le trafic international repartira.
Et pour l’activité recyclage de Tarmac Aerosave ?
L’activité recyclage est toujours une activité importante pour nous. Certes cette activité est moins visible aujourd’hui avec tous ces mouvements d’avions, mais elle est restée stratégique, car quand nous recyclons des avions plus récents, comme pour l’A380, il y a d’importants défis à relever au niveau des nouveaux matériaux, comme le carbone ou des composites nouveaux, avec l’objectif de tenir plus de 90% de recyclage, voire plus de 95% dans certains cas. Ce sont de nouvelles machines, avec des nouvelles technologies, donc de nouveaux process et donc de nouveaux défis. C’est ce sur quoi nous travaillons ardemment tous les jours pour arriver à maintenir ces taux de recyclage très élevés.








