La Direction générale de l’armement (DGA) a présenté mercredi 22 février ses résultats pour l’année 2011. Un bilan résolument positif pour Laurent Collet-Billon, le délégué général pour l’armement. 10,7 milliards d’euros ont été investis dans l’industrie, dont 724 millions pour la recherche.
Laurent Collet-Billon s’est félicité de la « très bonne exécution budgétaire pour l’année 2011 », soulignant que la DGA était le premier investisseur de l’Etat et garantissait près de 50 000 emplois directs et 50 000 emplois indirects dans le secteur de l’industrie de défense. De plus, le dispositif RAPID (régime d’appui aux PME pour l’innovation duale) mis en place par la DGA a permis aux PME et aux ETI (entreprises de taille intermédiaire) une dotation globale de 40 millions d’euros dans les projets de R&T. Enfin, la R&D à la DGA est en augmentation de 10% par rapport à l’année 2010.
Le montant consacré aux « urgences opérations » est quasiment dix fois moins élevé qu’en 2010, un signe pour le délégué général de la « flexibilité et de la maîtrise des urgences opérationnelles ». En clair, les systèmes et les équipements acquis les années précédentes répondent aux réalités éprouvées sur les théâtres d’opérations.
En ce qui concerne les programmes et les équipements, la DGA se dit pleinement satisfaite des équipements et des choix capacitaires. L’opération Harmattan a « confirmé la qualité et la conception des équipements et conforte les choix effectués depuis 20 ans ». Les opérations menées au large de la Libye sont la « vitrine » du ministère de la Défense pour démontrer l’efficacité de ses forces armées. Laurent Collet-Billon a mis en avant la diversité des missions et la polyvalence des équipements (Rafale, missiles air-sol), ainsi que des effets collatéraux réduits. Il a particulièrement souligné l’exemple du « couple exceptionnel » BPC-Tigre, qui a été « exemplaire » dans la conduite des opérations.
L’année 2011 a également été l’année du renforcement des capacités de renseignement, également confirmé par l’efficacité de la nacelle de Reco-NG utilisée en Libye. Ce système, élément clé du renseignement, est fabriqué par Thales. 10 nacelles ont été livrées à la fin du mois de mai 2011, la dernière livraison devrait avoir lieu en 2012.
La DGA a également mis l’accent sur l’ensemble des programmes notifiés en 2011. Pour l’aéronautique, on retiendra la rénovation de sept hélicoptères Cougar, l’avenant au plan de financement du programme A400M, le contrat RDIP-Air, qui porte sur la rénovation, la modernisation et l’exploitation des réseaux informatiques de l’armée de l’Air, ou encore la levée de risques pour le programme de missile moyenne portée, un élément « essentiel », qui doit remplacer à terme le missile MILAN en service depuis 1974. La réalisation du programme est prévue pour la fin de l’année 2012.
Le succès majeur dans le domaine des missiles est clairement l’interception d’un missile balistique en novembre dernier à Biscarosse, qui prouve l’efficacité des systèmes sol-air moyenne portée/terrestre (SAMP-T). Développé par EADS, le système baptisé Mamba devrait équiper progressivement les cinq escadrons de défense sol-air de l’armée de l’Air (Mont-de-Marsan, Saint-Dizier, Avord, Istres et Luxeuil – qui en possède déjà).
Au niveau du recrutement, la DGA s’engage clairement dans le domaine de l’ingénierie, pour renforcer son expertise technique. Elle souhaite en effet avoir dans ses rangs 55 à 60% d’ingénieurs d’ici 2014 et axe donc sa politique de recrutement sur ce créneau… tout en réduisant ses effectifs d’un quart d’ici 2014, dans un mouvement amorcé en 2008. L’objectif est de contenir l’ensemble du personnel à 10 000 à l’issu de ce plan de restructuration.
La coopération internationale a également joué un rôle important en 2001 pour la DGA, notamment au niveau franco-britannique. Ainsi, dans le domaine des missiles, la DGA prévoirait des centres d’excellence en France et en Grande-Bretagne, avec un accès aux technologies développées dans les deux pays, et parle également d’un missile anti-navire léger, dont le contrat de coopération pourrait être lancé «rapidement ».
Les drones jouent également un grand rôle, avec l’étude commune sur la faisabilité du drone tactique Watchkeeper. Selon Laurent Collet-Billon, la feuille de route pourrait être la suivante : l’armée de Terre se rendrait en Grande-Bretagne au cours de l’année 2012 pour des entraînements, et l’évaluation technique pourrait donc intervenir au début de l’année 2013 en France, pour pouvoir lancer le processus d’acquisition dans la foulée. La phase d’évaluation du drone MALE franco-britannique devrait également être lancée d’ici quelques semaines par British Aerospace et Dassault Aviation. Le projet d’UCAS (Unmanned Combat Air System), prolongement du démonstrateur nEUROn, devrait lui aussi être évalué par British Aerospace et Dassault Aviation.
Toujours à l’international, les exportations ont atteint 6,5 milliards d’euros pour l’année 2011, ce qui maintient la DGA au quatrième rang mondial des exportateurs. Les deux-tiers des exportations sont un socle de « petits contrats », mais le délégué général a rappelé que les gros contrats ont également pesé dans la balance : les BPC pour la Russie ou encore la rénovation des Mirage 2000 indiens.
Lors des questions des journalistes, Laurent Collet-Billon s’est montré très discret et réticent aux questions posées sur le Héron TP, se contentant d’affirmer que l’offre proposée par IAI et Dassault Aviation était en cours d’examen, mais qu’il ne pouvait « rien dire de plus » et qu’il n’avait « pas de commentaires à faire sur le drone intermédiaire ».








