Avec un résultat net positif cumulé de 18 milliards de dollars en 2014, l’activité des 242 compagnies aériennes membres de l’association mondiale du transport aérien IATA devrait être rentable pour la sixième année consécutive. Mais des disparités régionales se confirment, l’Amérique du Nord affichant plus de la moitié des bénéfices de l’ensemble des transporteurs (9,2 milliards).
En triplant ses profits en seulement trois ans, tout en affichant un taux de remplissage qui devrait dépasser les 64% (passagers + cargo) cette année, le transport aérien nord-américain a repris des couleurs. Certes, les marges des compagnies ne devraient pas dépasser les 4,3% (11 dollars par billets émis), mais il s’agit d’un nouveau record depuis la fin des années 90. Le trafic devrait quant à lui connaître une progression de 2,7% cette année.
Ces bons résultats sont évidemment le fruit de multiples années de restructuration et de consolidation des compagnies américaines, principalement aux États-Unis. Ce phénomène s’est d’ailleurs encore accentué avec la fusion d’American Airlines et d’US Airways en décembre dernier, la première sortant ainsi de la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites pour créer la plus importante compagnie aérienne mondiale.
Pour David Barger, le PDG de la compagnie américaine JetBlue, le Chapitre 11 a cependant eu un effet destructeur en termes de rentabilité, la protection de la loi américaine créant « une sorte de distorsion de concurrence qui réduit les marges ».
Autre source d’améliorations de la rentabilité des compagnies américaines, le développement très poussé des fameux « ancillaries », ces revenus annexes qui tire le taux de remplissage d’amortissement vers le bas à seulement 60%. La multiplication des services de connectivité en vol, l’accès aux chaînes de télévision payantes en direct ont par exemple contribué à rehausser la valeur des billets vendus au plus bas prix.
Comme l’a souligné Brian Pearce, Économiste en chef de l’IATA, « la structure du produit est en train de changer » [le billet d’avion], permettant ainsi au coefficient de remplissage d’amortissement d’afficher une baisse, ce qui contraire au théorème qui stipule que les mesures de réduction de coût accusent toujours un retard par rapport à une baisse du yield.

Le produit est en train de changer. Ici le service DirectTV proposé à bord d’un appareil de United assurant un vol intérieur. Photo © Le Journal de l’Aviation
L’amélioration de la rentabilité des compagnies américaines devrait se poursuivre dans les prochaines années, avec la profonde mutation du transport régional, la poursuite de la modernisation des flottes avec l’arrivée de nouveaux avions plus économes en carburant et surtout la mise en place progressive du très ambitieux programme NextGen de la FAA (Next Generation Air Transportation System) qui remplacera le système NAS actuel.
Pour le PDG de JetBlue, l’arrivée de NextGen est vitale, les compagnies souhaitant opérer au plus proche des routes orthodromiques dans le ciel des États-Unis pour économiser du carburant.
Le Directeur général de l’IATA, Tony Tyler, a cependant regretté que les investissements dans le programme ne soient pas prioritaires au niveau de l’administration Obama, avec seulement un milliard de dollars budgétisés pour NextGen en 2015 contre 19 milliards pour des projets de trains à grande vitesse. « Le président Obama n’a même pas prononcé une seule fois le mot Aviation au cours de ses deux mandats » a souligné Tony Tyler à Doha.








