Après plusieurs années de difficultés et d’instabilité, South African Airways s’est récemment reconnue « techniquement insolvable ». Pour remédier à cette situation, elle a lancé un plan d’urgence applicable en 90 jours, « une feuille de route destinée à remettre la compagnie en équilibre relatif », explique son CEO Nico Bezuidenhout, qui a fait le point sur son avancement.
Ce programme prévoit notamment une restructuration du réseau destiné à éliminer les routes déficitaires, qui concernent principalement le long-courrier (déficitaire de 121 millions d’euros en 2013-2014). South African Airways a déjà annoncé qu’elle allait suspendre ses liaisons directes vers Pékin et Bombay. En revanche, elle va lancer des vols vers Abou Dhabi le 29 mars, qui lui permettront, via des accords de partage de code, de desservir la Chine et l’Inde depuis le Moyen-Orient. Les réseaux domestiques et régionaux étant rentables, elle a par ailleurs augmenté ses vols en Afrique sub-saharienne.
La compagnie sud-africaine avait aussi le projet de renouveler sa flotte long-courrier. Un appel d’offres avait été lancé fin 2013 mais a depuis été retiré. En attendant, South African Airways renégocie une extension des contrats de leasing sur huit de ses A340-600, afin de réaliser des économies de près de 20 millions d’euros par an. Elle compte également introduire de nouveaux A330 dans sa flotte.
En effet, elle avait passé une commande auprès d’Airbus pour vingt A320 en 2002, contrat qui a été renégocié en 2009. Or celui-ci prévoit une augmentation annuelle des tarifs qui aboutit aujourd’hui à ce que « le prix d’acquisition des appareils soit supérieur à leur valeur sur le marché au moment de la livraison. » Onze des appareils ont été livrés, avec une dégradation de valeur évaluée à 28 millions d’euros sur les quatre derniers. C’est pourquoi Nico Bezuidenhout a indiqué que South African Airways était en négociation avec Airbus pour annuler la dernière partie de sa commande et la remplacer par cinq A330 en leasing.
Lancé alors que la compagnie a enregistré une perte opérationnelle de 28,2 millions d’euros en 2013-2014, le plan d’urgence vise à remettre à flot un plan de restructuration plus vaste que South African Airways peine à appliquer. La recherche d’un partenaire financier est également au programme.








