Marseille a saisi l’occasion en plein vol. Le trafic low-cost étant en plein boom depuis plusieurs années, la Cité Phocéenne a choisi de dédier un terminal au modèle au sein de son aéroport Marseille Provence, une première en France. Si des décollages s’y sont régulièrement déroulés depuis le mois de septembre, mp² a été officiellement inauguré le 25 octobre. Et ses opérations devraient être décuplées à partir du 8 novembre, lorsque Ryanair en fera sa base.
Le principe a été de diminuer au maximum les coûts d’aménagement et d’exploitation afin de faire fondre le montant de la redevance aéroportuaire dans cette installation. Grâce à la focalisation sur un type spécifique d’exploitation, les processus d’assistance peuvent être optimisés pour réduire le temps d’escale à 20 ou 25 minutes, ce qui donne l’opportunité aux compagnies d’améliorer leur productivité.
Surtout, mp² a été logé dans un bâtiment déjà existant, l’ancienne aérogare de fret 1. La décoration y est plus que sommaire, les structures du bâtiment étant restées à l’état brut et recouvertes de peinture. Escalators, bureaux d’information et écrans plats aux comptoirs d’enregistrement ont disparus mais n’ont pas pour autant laissé de place à davantage de sièges, au contraire. Il n’y a pas non plus de climatisation dans l’installation, juste un système de rafraîchissement de l’air.
Le passager est également mis à contribution. Il doit peser et enregistrer lui-même son bagage puis l’apporter au contrôle de sûreté, le tout à la force de ses bras, les chariots étant bannis du terminal. Au moment de l’embarquement, il ne doit pas non plus compter sur le confort de la passerelle d’embarquement ni sur le bus pour le déposer auprès de l’avion, mais uniquement sur le bon vouloir de ses jambes.

Mais le concept a ses chances. A côté du gain en exploitation pour les compagnies, le passager bénéficie d’une redevance 4,5 fois moins élevée que dans l’aérogare classique : de 6 euros, elle passe à 1,30 euro par billet.
Avec l’ouverture de mp², l’Estaque pourrait donc bien se vider de ses autochtones pour se remplir encore de touristes. Cet investissement de 16,4 millions d’euros devrait faire augmenter le nombre de passagers passant par la plateforme provençale de plus d’un million dès la première année. L’aérogare low-cost est en effet capable d’accueillir jusqu’à 3,5 millions de voyageurs par an. Mp² compte six aires au contact et n’accueillera aucun appareil plus imposant qu’un Airbus A320 ou un Boeing B737.
Sept compagnies y ont déjà installé leurs opérations proposant dix-huit destinations, dont l’irlandaise Aer Lingus, la marocaine Atlas Blue, les allemandes Condor et HLX, la britannique easyJet et la belge Virgin Express. Ryanair a misé beaucoup plus en la choisissant pour base. Deux de ses Boeing B737 y seront de façon permanente à partir du mois prochain et la low-cost irlandaise y exploitera quatorze routes dès le mois de décembre. Si avec tout ça ils ne partent pas…








