Le 70ème sommet annuel de l’IATA qui s’est tenu à Doha la semaine dernière a permis de revenir sur la problématique du suivi des aéronefs en temps réel (tracking), à la lumière du vol MH370, alors que ni l’épave de l’appareil, ni même aucun débris n’a pu être localisé au large de l’Australie trois mois après la catastrophe.
« La perte du MH370 nous signale un besoin urgent. Un gros avion de ligne qui disparaît sans laisser aucune trace depuis si longtemps est un événement sans précédent dans l’aviation moderne. Cela ne doit plus jamais arriver » a ainsi déclaré Tony Tyler, le directeur général de l’IATA lors de son discours à l’ouverture de l’AGM.
Tony Tyler est ensuite revenu sur les différentes pistes technologiques possibles, annonçant que le suivi des aéronefs en temps réel « était plus important » que l’envoi massif de données (streaming data) comme celles contenues dans les enregistreurs. « Il y a encore trop de problèmes techniques pour l’instant et l’on ne sait pas si toutes ces données seront gérables. »
Parallèlement aux recherches menées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), un groupe de travail a déjà été mis en place par l’IATA afin de proposer des solutions d’ici la fin du mois de septembre. Ces solutions seront soumises à l’OACI.
Pour Alexandre de Juniac, le PDG d’Air France KLM que nous avons pu rencontrer en marge du sommet, le tracking des avions est suffisant au regard de la rareté de ce type d’événement. « Les compagnies aériennes ne doivent pas surréagir ; ce qu’il faut c’est pouvoir retrouver l’avion dans ce type d’accident pour pouvoir ensuite remonter les enregistreurs ».
Dave Bakker, le président Europe de la très influente SITA (Société internationale de télécommunication aéronautique), nous a également révélé que l’organisation internationale avait déjà planché sur une solution de suivi en temps réel des appareils. Cette solution, actuellement évaluée par un certain nombre de compagnies potentiellement intéressées, se base sur l’ADS-C (Automatic Dependent Surveillance – Contract) et permet, via l’application SITA AIRCOM Server Flight Tracker, de suivre l’appareil en temps réel avec un espacement du signal qui peut être adapté selon différents critères (sortie de trajectoires, pannes etc…). Cette solution peut également être couplée aux nouvelles propositions d’Inmarsat au niveau de la transmission des messages ACARS.
L’ADS-C fait partie intégrante de la connectivité FANS (Future Air Navigation System) et est donc déjà présente sur de très nombreux appareils, limitant ainsi le coût d’acquisition du système. Dave Bakker a assuré que ce système ne pourrait pas être neutralisé depuis la cabine des appareils.








