L’association des compagnies aériennes européennes (AEA) est pessimiste. Lors de la publication des statistiques de trafic de ses compagnies membres pour le premier semestre le 16 juillet, elle a dressé un tableau difficile de leur situation et conclu qu’elles devraient enregistrer une perte opérationnelle de 1,5 milliard d’euros en 2012.
L’AEA a mis en évidence le paradoxe du transport aérien européen. Celui-ci reste en effet en croissance puisque le nombre de passagers a augmenté de 3,4% par rapport au premier semestre 2011, à 177,6 millions. Mesurée en passagers-kilomètres, la croissance est de 5,5%, le double de l’augmentation de capacité. L’association souligne toutefois qu’au premier trimestre 2011, le trafic avait subi l’impact du tsunami au Japon et des révolutions arabes.
Malgré cette hausse, même modérée, la situation financière des compagnies reste critique : elles ne parviennent en effet à compenser ni la cherté du carburant ni leurs coûts externes. Le marché n’est quant à lui plus capable d’absorber une hausse des tarifs à cause de la crise économique. D’où une dégradation continue des résultats des compagnies.
Selon l’AEA, les nouvelles mesures de réductions des coûts mises en place devraient porter leurs fruits dans les prochains mois. Mais si le prix du carburant s’est réduit depuis avril, les couvertures et la parité euro/dollar défavorable continuent de faire pression sur les comptes.
Athar Husain Khan, secrétaire général de l’AEA, indique par conséquent que l’association estime à 1,5 milliard d’euros la perte opérationnelle (EBIT) de ses membres en 2012.

