Halifax va s’ancrer dans le programme de vols d’Europe Airpost. La compagnie française a en effet décidé de maintenir la desserte saisonnière, assurée une fois par semaine au départ de Paris en Boeing 737-700, avec une escale à Dublin. Mieux, elle a annoncé qu’elle durerait presque deux fois plus longtemps : elle se poursuivra jusqu’au milieu du mois d’octobre au lieu de s’arrêter début septembre.
L’expérience est donc concluante. Malgré un remplissage moyen de 55%, « le vol est à l’équilibre », indique Jean-François Dominiak, le président de la compagnie. « Utiliser un 737-700, c’est atypique mais ça marche », ajoute-t-il en expliquant que l’allongement de la ligne dans la durée devrait permettre de créer de la demande. « La proportion de Français monte, ils cherchent d’autres destinations. » Et Halifax colle parfaitement à cette tendance.
La bonne surprise de l’escale à Dublin
Les passagers français représentent en effet 75% des voyageurs. Une proportion inverse à celle de la saison 2014, au cours de laquelle les deux tiers des passagers voyageaient sur le tronçon Glasgow – Halifax. « L’avion se remplissait à Glasgow. C’était LA bonne idée. On l’a eue mais WestJet est venue s’engouffrer dessus. »
Pour la deuxième saison, l’escale de ravitaillement a donc changé au profit de Dublin. Les liens historiques avec la Nouvelle-Ecosse étant inexistants, l’effet n’a pas été le même mais un autre avantage inattendu a émergé : les passagers ont été séduits par le tronçon Paris – Dublin, qui a réussi à attirer à lui seul 700 personnes sur la saison – qui s’ajoutent aux 1 300 voyageurs se rendant à Halifax.
La deuxième saison a également profité d’un effet Saint-Pierre et Miquelon. « Les Saint-Pierrais ont été timides en 2014 mais ils ont vu que le service fonctionnait. » Convaincus par cette option qui leur épargne de pousser jusqu’à Montréal pour prendre un vol direct rejoignant la France, ils ont représenté le quart des Français de la ligne. Pour profiter au mieux de cette clientèle, Europe Airpost et Air Saint-Pierre ont optimisé leurs horaires et organisé un passage de bord à bord pour faciliter les correspondances.
Nouvelle amélioration pour l’année prochaine
La saison 2016 devrait encore voir une amélioration du service avec la certification ETOPS du Boeing 737-700. Celle-ci ne devrait pas conduire à la suppression de l’escale à Dublin, qui est toujours nécessaire « car il faut que le marché se crée », mais devrait permettre d’optimiser le vol. En effet, elle permettrait à Europe Airpost de choisir une route plus au sud du Groenland, qui pourrait lui « faire gagner entre 30 et 45 minutes », explique Eric Vincent, son directeur commercial, sur les neuf heures que dure le voyage. Avec les gains, notamment en termes de consommation carburant, que cela implique.
Et l’allongement du service jusqu’en octobre donnera encore une raison supplémentaire aux voyageurs de se rendre en Nouvelle-Ecosse pour admirer les feuilles rougeoyantes des érables, typiques du Canada.








