Avec l’immobilisation d’une très grande partie de la flotte mondiale d’avions commerciaux liée à la pandémie de coronavirus depuis le mois de mars, les compagnies aériennes ont un immense besoin en liquidité. Les opérations de type « sale and leaseback » sont alors un outil rapide d’apport d’argent frais pour les opérateurs, mais ce sont bien évidemment aussi des opportunités nouvelles pour les loueurs sur le long-terme, d’autant qu’une partie de leur portefeuille est menacé par des réductions de loyers temporaires, voire par des retours anticipés d’appareils en cas de défaillances.
Un loueur comme Dubai Aerospace Enterprise (DAE) a d’ailleurs révélé qu’il étudiait des demandes de report de loyers pour 33 clients, en plus de ceux déjà accordés à 25 clients au premier trimestre, ce qui représente au total l’équivalent de 10% de son chiffre d’affaires annuel. Quant aux restitutions, le cabinet IBA estimait que rien que pour les faillites, ce sont 425 appareils qui pourraient retourner précipitamment dans les bras des loueurs en 2020, voire près de 600 l’année prochaine.
Les exemples d’opérations de cessions-bails se sont ainsi multipliés ces dernières semaines aux quatre coins du monde et notamment pour le loueur singapourien BOC Aviation : Cathay Pacific pour six de ses Boeing 777-300ER, United Airlines pour 6 787-9 et 16 737-9, Wizz Air pour 6 A321neo ou encore Southwest pour 10 737-8. Toujours pour l’île État, on sait que Singapore Airlines cherche aussi à réaliser une opération de ce type pour quelques appareils. Delta Air Lines a quant à elle fait appel à BBAM et à Altavair AirFinance pour obtenir 1,2 milliard de dollars. Air France s’est pour sa part tournée vers Fortress (FTAI) pour lui céder six A319 et dix A318, même si on sait que ces appareils ne resteront pas de nombreuses années dans la flotte de la compagnie française.
Les portefeuilles de loueur vont encore prendre une part plus importante dans la flotte mondiale, se rapprochant toujours progressivement de la barre symbolique des 50% en nombre d’appareils (bien plus en valeur), contre 43% l’année dernière. D’autant qu’avec un niveau des taux d’intérêt qui reste très attractifs et un pouvoir de négociation important vis-à-vis des compagnies aériennes, ces opérations de cessions-bails représentent de belles opportunités financières si elles visent en priorité les transporteurs les moins à risque.
Evidemment, « ces bonnes affaires » viendront logiquement augmenter les coûts des opérateurs dans un temps plus long, s’ajoutant aussi pour certaines aux remboursements des prêts consenties pendant la crise.








