Comme prévu, le SNPL, syndicat majoritaire des pilotes de ligne d’Air France, a déposé son préavis de grève pour la période du 15 au 22 septembre. Ce préavis est reconductible et s’étale sur une plage de 5 à 23h (heure de Paris), touchant ainsi la quasi-totalité des vols de la compagnie française.
Pour Jean-Louis Barber, le président du SNPL AF ALPA, face à l’absence de concertation avec la direction d’Air France depuis des mois sur les futures évolutions de l’activité moyen-courrier point à point, « nous n’avons pas d’autres choix que de passer au plan B pour nous faire entendre ». « On note une réelle volonté de la direction de ne pas vouloir discuter avec les pilotes » poursuit-il, ajoutant que « certains accords fondamentaux ne sont pas respectés ».
Le SNPL reproche notamment à la direction d’Air France l’absence de dialogue quant à la mise en œuvre du rapport Guérin remis fin juin. L’annonce des sept nouveaux 737-800 destinés à développer la flotte de Transavia France a ainsi été citée en exemple. « On aurait au moins pu en parler » regrette Jean-Louis Barber qui rappelle que le SNPL a été très actif lors de la création de Transavia France. « Si les accords ne sont pas respectés, à quoi ça sert de les signer ? » s’interroge-t-il.
Le président du syndicat a également déclaré que jouer sur les seuls coûts imputables aux pilotes pour lutter contre les compagnies low-cost n’avait pas de sens. « Le système de rémunération n’est pas l’alpha et l’oméga du retour à la rentabilité. » Jean-Louis Barber se réfère par exemple au coût des pilotes de Transavia Holland qui sont aujourd’hui pratiquement au même niveau que ceux d’Air France ou de KLM. « Le vieillissement de la population (ndlr – les années d’ancienneté acquises) est un vrai sujet, tout comme la saisonnalité où la mise en place d’une compétition équitable en Europe. »
Si le syndicat des pilotes de ligne est favorable à une meilleure utilisation des appareils en fonction de leurs capacités, il propose de créer deux groupes de PNT en fonction de la taille des appareils (de moins et plus de 100 places) plutôt que de compartimenter les activités par marque ou compagnie (AF, TO, A5). Pour Jean-Louis Barber, pour faire face aux compagnies low-cost n’utilisant qu’un seul type d’appareil, « la carte d’Air France, c’est la flexibilité de sa flotte, mais avec un groupe unique de pilotes ! ».
Le SNPL Air France ALPA espère que le prochain CCE d’Air France prévu le 4 septembre permettra de savoir un peu plus sur la mise en œuvre des mesures visant à sauver le point à point d’Air France. Le nouveau plan Perform 2020, destiné à améliorer la croissance et la compétitivité du groupe après 2015, sera quant à lui présenté en détail le 11 septembre.





