Dure période pour le transport aérien européen. Après des mois animés par les difficultés d’Alitalia et Air Berlin, c’est au tour du groupe Monarch de faire faillite. Dans un mouvement plus radical que ses consoeurs, la compagnie britannique a suspendu toutes ses opérations (aériennes et de voyage) à compter du 2 octobre, laissant 110 000 passagers bloqués à l’étranger. Sa licence a été suspendue.
Il appartient désormais au ministère des Transports britannique et à la CAA d’organiser leur « plus importante opération de rapatriement en temps de paix » pour que ces passagers puissent rentrer en Grande-Bretagne.
Monarch connaissait des pertes récurrentes depuis près de dix ans, qui l’avaient poussée à modifier son business model pour augmenter la part de ses vols réguliers par rapport au charter. En 2014, elle avait déjà frôlé la faillite et avait été rachetée par le fonds Greybull Capital. Les difficultés avaient perduré, Greybull ayant dû injecter des fonds l’année dernière pour éviter une cessation des opérations, et des rumeurs de faillite imminente avaient éclos la semaine dernière, Monarch concédant seulement qu’elle était en discussion avec d’autres compagnies pour céder des parties de son activité.
Trois administrateurs issus du cabinet de consultants KPMG ont été nommés pour auditer les finances du groupe, organiser la mise en vente de ses actifs et retourner sa flotte aux lessors. Monarch Airlines exploitait neuf A320 et 25 A321 acquis en leasing, qui devaient être remplacés par trente Boeing 737 MAX à compter de l’année prochaine. La compagnie et l’activité touristique du groupe emploient 2 100 personnes.
A noter que l’entité maintenance, Monarch Aircraft Engineering, n’est pas concernée par la faillite et poursuit ses activités normalement.








