Dans une lettre adressée à la Direction Générale de la Sécurité civile et de la Gestion des Crises (DGSCGC), les pilotes de bombardiers d’eau de Marignane annoncent une grève à partir du 1er juillet prochain, sous réserve d’un accord avec la direction.
Pour l’heure, le dialogue entre les deux parties semble rompu, comme l’indiquent les syndicats SNPNAC (syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile) et SPAC (syndicat des pilotes de l’aviation civile).
Les pilotes de la Sécurité Civile, en majorité issus de l’armée de l’air et de la Marine nationale, protestent contre la politique que veut mener la DGSCGC qui prévoit notamment de réduire la flotte d’avions en mettant en réserve deux bombardiers d’eau sur les 12 de la flotte, ainsi qu’un avion Beechcraft 200, ordinairement utilisé en Corse, pour économiser de l’argent sur la maintenance. Or en cas de sinistres majeurs, « les deux Canadair arrêtés ne seront pas vraiment disponibles en urgence, car, au moins 24 heures seront nécessaires pour les remettre en service », explique François Tauveron, pilote de Dash 8 et délégué du SNPNAC.
Les pilotes craignent ainsi une dégradation de leurs conditions de travail « à court et moyen terme ». À moyen terme, le budget de maintenance (35 millions d’euros par an pour 26 appareils au total) est jugé insuffisant par les syndicats : « on a des visites, tous les six ans, plus complètes et plus chères que les contrôles annuels. Plusieurs avions en sont à ce stade et on sait que le budget ne suffira pas dans les années qui viennent, il manque déjà 11 millions pour 2012. En 2011, on a failli perdre deux Tracker et on a peur que des avions restent au sol en 2013 parce qu’il n’y aura pas eu l’argent pour les entretenir pendant l’hiver », a expliqué François Tauveron.
