Seulement sept mois après avoir dévoilé son Falcon 5X à Las Vegas, Dassault Aviation revient à la charge en s’emparant de la convention Ebace de Genève avec le lancement officiel du nouveau Falcon 8X. Avec un rayon d’action de près de 12000 km lui permettant d’effectuer des vols ultra long-courriers, ce nouvel appareil vient se positionner au sommet de la gamme de l’avionneur.
Comme on pouvait s’y attendre, le Falcon 8X n’est cependant pas un avion entièrement nouveau. Il repose en grande partie sur le triréacteur long-courrier Falcon 7X même si son fuselage a été allongé de plus d’un mètre pour offrir la cabine la plus étendue de tous les avions d’affaires Falcon. La voilure a également été redessinée pour pouvoir réduire la trainée de l’avion tout en allégeant sa structure de près de 300kg.
« Il ne s’agit pas d’une simple variante du 7X » annonce cependant Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, qui ajoute que les coûts de développement du Falcon 8X représentent « à peu près la moitié des sommes engagées sur le 5X », soit un demi-milliard d’euros, et toujours avec les moyens d’autofinancement de l’entreprise et avec « la volonté des actionnaires d’investir dans de nouveaux avions ».
Le Falcon 8X ne remplacera pas le Falcon 7X dans la gamme de Dassault qui propose désormais 6 appareils affichant des portées comprises entre 3300 nm (6200 km) et 6450 nm (11950 km). Éric Trappier a d’ailleurs rappelé que le 7X était de loin le « best-seller » de la gamme avec 250 appareils produits en un temps record. « Le Falcon 8X apporte 500 nautiques de plus pour un prix d’acquisition supérieur de seulement 10%, il s’agit d’une réponse aux attentes de la clientèle. » a-t-il précisé.
L’ajout du Falcon 8X permet ainsi à l’avionneur français de rentrer sur le marché des « ultra long range », une niche aujourd’hui dominée par Gulfstream et par Bombardier. Le nouvel appareil se positionne d’ailleurs directement face à leurs G550 et Global 6000 respectifs, voire face au futur Global 8000, mais avec les atouts de la « marque de fabrique Dassault », à savoir, une plus faible consommation en carburant, la possibilité de desservir des plateformes disposant de pistes plus courtes et les avantages opérationnels induits par la formule triréacteur. « Nous restons très attachés aux trimoteurs ; nous y croyons toujours » souligne le PDG de l’avionneur.

Une vue d’artiste du futur Falcon 8X. Image © Dassault Aviation
La famille Falcon fin prête pour la reprise
L’arrivée successive des Falcon 8X et 5X permettra à Dassault Aviation de mieux se positionner pour le redémarrage tant attendu du marché de l’aviation d’affaires, notamment sur le très haut de gamme.
« Notre gamme sera totalement prête pour attraper le marché à sa reprise » annonce Éric Trappier, qui rappelle que la conjoncture restait encore calme aujourd’hui même si des signes positifs se faisaient déjà sentir. « Ce n’est pas encore le grand démarrage que l’on attendait, mais beaucoup de clients commencent à revenir nous voir ». Selon lui, les deux programmes en cours de développement vont permettre « de mieux accrocher les clients ».
Le programme Falcon 8X est déjà bien avancé avec l’assemblage du premier fuselage à Biarritz il y a quelques semaines (photo). Le premier vol est attendu dès le début de l’année prochaine avec une certification programmée mi-2016, en vue des premières livraisons qui interviendront quelques mois plus tard. Quant aux premiers contrats, ils devraient être signés dès demain, jour d’ouverture officiel du salon de Genève.

Le premier fuselage du Falcon 8X en cours de finition à Biarritz. Photo © Dassault Aviation / Philippe Stroppa








