Pas de surprise en 2025 pour ATR. Comme l’avionneur l’avait annoncé en début d’année dernière, les difficultés persistantes dans sa chaîne d’approvisionnement ont fait de cette année une année de transition, durant laquelle le chiffre d’affaires est resté stable à 1,2 milliard de dollars. Les livraisons, qui devaient elles aussi rester stables autour de 35 appareils, ont légèrement baissé, à 32 appareils, tandis que les commandes brutes ont atteint 60 appareils (50 nettes).
« Nos livraisons ne sont pas à la hauteur de ce que nous avions prévu mais nous avons fait du mieux que nous avons pu étant donné nos contraintes et la situation très difficile de la chaîne d’approvisionnement », a commenté Nathalie Tarnaud Laude, la directrice générale de l’avionneur. Elle souligne pourtant que le message a changé en un an : « la situation est très différente aujourd’hui et nous sommes très confiants pour 2026 et les années à venir. »
ATR a en effet bien avancé sur la résolution des points d’achoppement avec ses fournisseurs, notamment Safran pour les trains d’atterrissage, mais aussi Pratt & Whitney Canada pour les moteurs et plusieurs fournisseurs d’aérostructures. Il a réussi à diviser par trois les pénuries de pièces par rapport à 2025 et vise à réduire de 40 % le temps d’assemblage des appareils en 2026 – sachant qu’il a déjà réussi à le réduire de 20 % depuis l’été dernier. « Les délais d’exécution avaient atteint un niveau qui n’était pas soutenable sur la durée », explique Marion Smeyers, directrice des opérations et des achats.
Lancement du ramp-up en 2026
Durant cette année 2025 de transition, ATR a donc travaillé à améliorer le niveau de ses approvisionnements mais aussi à optimiser le travail sur sa propre chaîne et à poursuivre la reconstruction des compétences perdues durant la crise sanitaire. Il a ainsi posé les fondements de son ramp-up, qui devrait avoir lieu dès 2026, et qui sera également soutenu par la réouverture de sa seconde ligne d’assemblage final.
La ligne d’assemblage final Nord était arrêtée depuis la crise liée à la pandémie et a subi quelques transformations ces derniers mois pour reprendre du service avec des améliorations. Un premier appareil devrait l’intégrer dans les prochains jours, et les deux prochains mois permettront d’évaluer les changements apportés, avant une pleine mise en service en mai.
Avec toutes ces améliorations, ATR vise une augmentation de 20 % de ses livraisons en 2026 et ambitionne d’atteindre une cadence de production de 60 appareils par an en 2030 – il avait déjà expliqué ne pas pouvoir revenir au rythme de 80 appareils par an avec ses capacités actuelles en raison des évolutions réglementaires survenues depuis.
L’avionneur est convaincu que cette augmentation des capacités de production s’impose. Son carnet de commandes s’est encore enrichi en 2025 pour dépasser les 160 appareils en commande et les créneaux de livraison sont bloqués pour les deux ans à venir. Il identifie également un fort potentiel de prises de commandes dans les prochaines années, à la fois pour de la croissance et pour remplacer les ATR et les jets régionaux ayant douze à vingt ans de service.
Les commandes de 2025 sont un signe encourageant aux yeux de Nathalie Tarnaud Laude. Dans les commandes enregistrées en 2025, deux portent sur des lots de plus de dix appareils, qui plus est de la part de compagnies déjà clientes – dix-neuf pour Uni Air et seize pour Air Algérie –, une marque de confiance. Deux importantes percées ont été opérées en Amérique du Nord avec la livraison des deux premiers ATR à la compagnie américaine JSX, qui lui permet de prendre pied sur un marché qui pourrait voir le remplacement de plus de 300 avions régionaux dans les prochaines années, et la certification de l’ATR 72-600 au Canada, suivie de la mise en service du premier ATR 72-600 de la compagnie canadienne Rise Air. Par ailleurs, ATR a réussi à s’imposer auprès de dix-neuf nouveaux opérateurs.
« Nous sommes très enthousiastes pour les cinq prochaines années », affirme Alexis Vidal, SVP Commercial, qui voit une forte dynamique sur tous les marchés, Asie Pacifique en tête mais avec une autre percée en Afrique (avec Ethiopian Airlines). « Nous sommes en croissance partout », ajoute-t-il.
A noter enfin que le marché des services a été particulièrement dynamique, avec un chiffre d’affaires de 538 millions de dollars (+ 12 %), porté par la demande pour des pièces détachées et les contrats de maintenance globale (GMA).








