Après l’hyperactivité traditionnelle du mois de décembre, 2026 s’éveille doucement sous les frimas du mois de janvier. Mais la neige et le gel, s’ils ont pu avoir raison de la fluidité des opérations aériennes dans le nord de la France durant quelques jours, n’ont pas tempéré l’effervescence qui touche le secteur aéronautique, spatial et surtout de défense. Les chocolats des étrennes ont à peine été entamés que l’actualité géopolitique est venue rappeler que les enjeux de sécurité et de souveraineté ne connaissaient pas la trêve des confiseurs. Le conflit qui perdure en Ukraine, l’intervention des Etats-Unis au Venezuela et ses vues sur le Groenland ont plus ou moins directement remis un coup de projecteur puissant sur la nécessité pour l’Europe et chacun de ses membres de se doter des moyens d’assurer sa défense, alors que le programme SCAF ne luit de nouveau plus que d’une lumière blafarde.
D’un point de vue industriel, 2026 devrait s’inscrire dans la continuité de 2025. Quel que soit le secteur, la vigilance reste de mise dans la supervision de la chaîne d’approvisionnement, qui présente toujours des faiblesses, aussi bien cyber qu’industrielles. Là encore, l’actualité est venue rappeler en fin d’année que le moindre grain de sable pouvait entraîner des conséquences de grande ampleur et menacer de ralentir une montée en cadence qui continue de se faire à marche forcée.
Pour la réussir, l’industrie devra résoudre un autre problème majeur, celui de la pénurie des compétences. Les acteurs de l’emploi et de la formation aéronautiques ne chômeront pas, le volume des recrutements étant appelé à se maintenir toute l’année, tant les besoins en main-d’œuvre spécialisée restent prégnants. Et si l’humain est absolument irremplaçable, aussi bien sur les chaînes d’assemblage que dans les aéroports, les compagnies, les hangars de maintenance et les bureaux d’étude, la technologie et l’innovation, l’intelligence artificielle et la digitalisation seront essentielles pour améliorer l’efficacité et la sécurité à tous les niveaux, pour soutenir la compétitivité et la souveraineté.
La réussite de la montée en cadences est également scrutée par l’industrie du transport aérien, qui compte plus que jamais sur le renouvellement des flottes pour améliorer l’efficacité de ses opérations et accélérer sa décarbonation, des besoins rendus encore plus impérieux par la pression de la société et des politiques. La filière SAF tarde en effet à se mettre en place, remettant en question les objectifs fixés dans le cadre de l’OACI.
Alors que l’activité reprend après sa courte parenthèse hivernale, les défis de l’aéronautique, de la défense et du transport aérien demeurent donc pleinement intacts. Il en va de même pour la vocation du Journal de l’Aviation envers ses lecteurs : transmettre et analyser ces défis. Et c’est avec cet engagement en tête que toute la rédaction vous adresse ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année.
