A l’occasion du forum Connect qui s’est déroulé à Vilnius du 13 au 15 mars, le Journal de l’Aviation a pu rencontrer Simonas Bartkus, directeur du marketing de Small Planet Airlines et ancien directeur commercial d’Air Lituanica. La compagnie lituanienne est en pleine croissance et en transformation, avec l’arrivée d’un nouveau type d’appareil dans la flotte, l’A321, le lancement des ventes directes et son retour en France.
Pouvez-vous nous présenter Small Planet Airlines en quelques mots ?
Nous nous définissons comme une compagnie charter, nos activités étant majoritairement charters depuis 2009. Mais cela désigne juste un créneau de distribution : nous vendons nos sièges par les tour-opérateurs. En réalité, nous nous voyons surtout comme une compagnie loisir et c’est pourquoi nous allons nous lancer sur des ventes de billets en direct.
A la fin de l’année, nous opérerons 21 appareils, dix-sept A320 et quatre A321, celui-ci étant un nouveau modèle pour nous qui n’est pas encore opérationnel. Notre premier marché est la Pologne, avec neuf appareils en opération, puis le Royaume-Uni et la Lituanie avec trois avions, l’Espagne, la France et l’Allemagne avec deux avions.
Pourquoi vous être lancés en Asie et qu’est-il advenu de votre projet en Thaïlande ?
Nous avons une activité très saisonnière parce que le marché loisir européen est très saisonnier, avec une période forte en été et un hiver calme. C’est pourquoi nous déplaçons des capacités vers l’Asie du Sud entre décembre et avril. Nous envoyons trois appareils au Cambodge, où ils réalisent des vols court et moyen-courrier.
Nous avions aussi un projet en Thaïlande mais les autorités de l’aviation civile ont suspendu le processus de délivrance de certificat aérien depuis leur rétrogradation par l’OACI : elles ne donnent plus de nouvelle licence pour les nouvelles compagnies. Donc nous avons dû geler le projet.
Votre chiffre d’affaires a augmenté de 27%, votre bénéfice a doublé, vous avez enregistré une croissance de 40% du nombre de passagers. Comment expliquez-vous ce succès ?
Nous avons réussi à fortement améliorer notre efficacité en réduisant nos coûts de façon continue et nous sommes ainsi très bons sur le plan des coûts. Nous avons aussi réussi à améliorer le taux d’utilisation des appareils actuels et cela a eu un impact important sur nos résultats. Dans certains cas, nous avons même réussi à étendre la saison, par exemple nous avons desservi Prague jusqu’en janvier.
La seconde chose, c’est notre projet en Asie. Nous avons réussi à déplacer plus d’appareils au Cambodge cet hiver et cela contribue significativement à nos résultats. Ce n’était pas une surprise, c’est notre troisième année consécutive de profits, avec un bénéfice qui augmente rapidement.
Pourquoi choisir d’introduire un appareil plus gros dans votre flotte ?
Cela permet de réduire les coûts au siège, qui sont un aspect très important de notre activité surtout lorsque nous sommes en concurrence avec les compagnies low-cost. Cela nourrit aussi notre croissance : nous avons plusieurs routes qui peuvent recevoir un appareil plus gros, surtout entre la Pologne et les destinations en Méditerranée. Et cela nous permet également de nous renforcer dans les aéroports où il est difficile d’obtenir de nouveaux créneaux, comme les plus grandes plateformes, Gatwick ou CDG, mais aussi dans d’autres destinations loisirs, notamment les îles grecques. Nous sommes obligés de limiter nos fréquences donc nous allons introduire des appareils plus gros pour exploiter au maximum les slots que nous avons.
L’A321 sera principalement utilisé pour de la croissance. L’année dernière nous avions dix-sept appareils, cette année nous en aurons 21. Nous avons renouvelé notre flotte en faisant sortir tous les 737 et quelques A320 parmi les plus anciens. Maintenant, les A321, c’est pour l’expansion.
L’arrivée des A321 coïncide avec une rénovation du service, aussi.
Tout à fait. Nous sommes en train de changer nos cabines avec l’A321 mais nous allons également réaménager le reste de la flotte. Nous remplaçons les sièges par des sièges en cuir de Recaro et modifions l’éclairage en passant aux LED pour transformer l’apparence de la cabine, parce que nous pensons que le passager veut une expérience de voyage toujours améliorée. Nous allons également introduire du « AirFi » : les passagers viennent de plus en plus avec leur ordinateur, leur tablette, leur smartphone, ils pourront ainsi se connecter à notre réseau interne et accéder à des films, des jeux…
Pourquoi revenir en France ?
Nous sommes arrivés en France il y a deux ans en 737. Cela n’a pas marché donc nous nous sommes retirés. Mais cet été nous revenons avec deux avions basés à Paris, un à CDG et un à Vatry. A Vatry, nous coopérons avec Atlas Atlantic Airways, qui opère vers Alger mais n’a pas pu obtenir de droits de trafic à CDG. Ils ont donc dû s’installer dans un aéroport secondaire.
Quels sont vos projets au-delà de 2016 ?
Au-delà de 2016, c’est difficile à dire. Nous allons poursuivre notre croissance, avec trois, quatre ou cinq avions selon la situation, mais il est difficile de prévoir à quelles dessertes ils seront affectés, surtout vu l’instabilité actuelle. Mais ce sera sûrement sur nos plus gros marchés d’Europe de l’Ouest : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France.

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