Le Journal de l’Aviation a eu l’opportunité de suivre Lionel Guérin lors de son « road show » à Brive le 10 juin. Le Président de HOP! nous dresse le portrait de la compagnie rassemblant les activités régionales de Britair, Regional et Airlinair, qui représentent le tiers des pertes d’Air France sur le court et moyen-courrier. Lancée le 31 mars 2013, HOP! réalise 530 vols quotidiens vers 137 destinations et transporte 8 millions de passagers annuels grâce à sa flotte de 98 appareils.
Le Journal de l’Aviation : Quel bilan peut-on tirer des deux premiers mois d’activité de HOP! ?
Lionel Guérin : Si l’on compare la période d’avril-mai 2012 avec avril-mai 2013, HOP! transporte plus de passagers à périmètre constant. Par exemple, l’augmentation du nombre de passagers à Metz est de 10%, 6% à Brive, 10% à Lyon… malgré un calendrier qui n’est pas favorable aux voyages d’affaires. D’après les retours que nous avons eus à Lyon, il y a des gens qui n’avaient plus l’habitude de prendre l’avion qui reviennent. En ce qui concerne les engagements hors grève sur les semaines à venir, pour une augmentation de l’offre de 4%, ils sont supérieurs de 12% par rapport à l’année dernière. Il y a un effet HOP! non négligeable. Mais on ne peut en tirer aucun enseignement, c’est grâce à la publicité.
Des choses importantes n’étaient pas prêtes au lancement, comme la perception des bagages ou la modification des billets en aéroport, qui n’était possible qu’en passant par le site Internet ou par les agences de voyage et posait donc des problèmes en aéroport en heure de pointe. Avec le nouveau système informatique qui entrera en service le 25 juin, les modifications pourront être effectuées sur les bornes libre service, sur le site et en agence. Nous allons continuer à innover avec des innovations permanentes et attirer ainsi plus de passagers.
Le site fonctionne très bien : 15% des réservations sont effectuées sur le site HOP!, 15% sur le site Air France et 70% en agence.
Ce qu’on peut dire, c’est que le lancement de HOP! a stoppé la décroissance du trafic que l’on a constaté au premier trimestre. Mais pour cela, il faut battre la campagne, faire de la pédagogie. Brive est le 13ème road show depuis le mois de février. Nous allons dans les grandes et les petites plateformes rencontrer les élus locaux et les personnels. Et il faut faire très vite car le trafic est en baisse et la concurrence de plus en plus importante.
Vous désignez souvent easyJet comme votre principal concurrent. Qu’en est-il de Volotea, qui se positionne aussi sur le marché régional ?
Volotea est un vrai concurrent qui n’existait pas au moment où j’ai commencé à travailler sur HOP! Ce sont des gens sérieux et nous les prenons très au sérieux. Leur personnel est payé très bas, ce que nous ne voulons pas pour HOP!, et ils visent le point à point d’Air France en général. Mais sur les lignes ouvertes en même temps par HOP! et Volotea, HOP! a 70% de parts de marché.
Mais nous faisons très attention : au début, ils attaquent la clientèle loisirs, comme easyJet, avec trois à quatre fréquences par semaine. Mais ensuite, ils ajouteront des fréquences pour attaquer la clientèle d’affaires. L’histoire est écrite. C’est maintenant qu’il faut agir. Il faut que HOP! travaille à réduire ses coûts et réaliser des synergies.
Il faut défendre le pavillon français et vous connaissez ma position à ce sujet : j’y vais sans état d’âme.
Où en êtes-vous de l’optimisation de la flotte ?
Deux CRJ 100 sont partis, le contrat de l’Embraer 170 loué avec équipage à Air Côte d’Ivoire a été prolongé jusqu’en mars et deux CRJ 700 ont quitté la flotte pour deux ans. Et les ERJ 145 qui devaient partir sont partis. Les avions sont loués ou vendus.
Leur location s’accompagne des services associés de maintenance et de formation. HOP! vend quatre types de services : l’affrètement Air France, l’affrètement à des organismes – par exemple pour le transport des équipes de rugby –, les services HOP! (qui représentent 60% de l’activité) et les services de maintenance et de formation, qui feront leur apparition sur le site Internet cette semaine. Nous avons trois centres de maintenance, à Morlaix, Clermont-Ferrand et un plus petit à Lille.
Notre objectif est d’être la première compagnie régionale européenne, avec une flotte d’une centaine d’appareils.
Beaucoup de lignes ont-elles été supprimées avec le lancement de HOP! ?
Les lignes qui ont été supprimées étaient toutes affrétées par Air France, par exemple Orly – Berne. On n’a pas touché au réseau HOP!, on essaie de le faire vivre. Il y a eu plusieurs nouveautés : Montpellier – Lille, Montpellier – Strasbourg ou Clermont-Ferrand – Amsterdam. Et il y a eu des transferts de lignes d’Air France vers HOP!, par exemple à Perpignan et beaucoup à Lyon, qui représente 50% du réseau de la compagnie.
HOP! est-elle appelée à desservir London City lorsque CityJet aura été vendue par Air France ?
Rien n’est prévu. Nous ne desservons pas l’Angleterre. Un peu l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne mais pas l’Angleterre.
Et à reprendre des routes des bases province si celles-ci sont allégées ?
J’espère. Sur les routes où il faut de la fréquence, avec de plus petits modules, nous serons meilleurs. Nous avons une vision pragmatique des choses. Mais il est trop tôt, la révision [du modèle économique des bases province, NDLR] vient de commencer. Il faut attendre le mois de septembre.
Quels sont les objectifs pour les prochains mois et les prochaines années ?
Nous avons actuellement un remplissage de 65% ; notre objectif est de l’améliorer de dix points. Notre avion moyen a 65 sièges ; l’objectif est qu’il ait 100 sièges. D’abord nous allons augmenter le remplissage puis le nombre de sièges, en retirant les avions les plus petits.
Nous avons pour but d’atteindre l’équilibre fin 2014/début 2015. 2013 est une année d’ajustement et de reconquête de la clientèle. 2014 sera l’année cruciale pour le redressement.










