Le rapport préliminaire des autorités indonésiennes sur l’accident de Lion Air met en cause l’équipage et les procédures de la compagnie. Le 13 avril dernier, un Boeing 737-800 de la low-cost avait manqué son atterrissage et amerri quelques centaines de mètres avant la piste 09 de l’aéroport de Denpasar (Bali).
Le rapport a exclu tout problème majeur sur l’appareil et tout dysfonctionnement des systèmes d’aide à la navigation sur la plateforme – qui n’est pas équipée d’ILS. En revanche, il indique que les conditions météorologiques au moment de l’accident (notamment la pluie) ont entraîné une perte soudaine de visibilité.
Le copilote était aux commandes durant l’approche. Arrivé à une altitude de 900 pieds (274 mètres), il a déclaré qu’il ne pouvait pas voir la piste. A 550 pieds (168 mètres), l’alarme EGPWS (Enhanced Ground Proximity Warning System – système avertisseur de proximité du sol) s’est déclenchée, indiquant « minimum ». L’équipage a pourtant poursuivi la procédure d’approche et désactivé le pilotage automatique et l’automanette. A 150 pieds (45 mètres), le commandant de bord a pris le contrôle, tandis que le copilote indiquait qu’il ne voyait toujours pas la piste. Une seconde avant l’accident, l’EGPWS indique « twenty » (20 pieds, soit 6 mètres, d’altitude) et le commandant de bord commande une remise de gaz. L’appareil heurte toutefois la surface de la mer.
Les autorités indonésiennes reprochent à l’équipage d’avoir poursuivi l’approche avec une visibilité nulle et recommandent à Lion Air de revoir ses procédures au regard du risque présenté par le fait de transférer les commandes à une altitude ou un moment critique. L’enquête se poursuit cependant et le rapport final ne devrait être achevé que dans un an.
Le 737-800, immatriculé PK-LKS (numéro de série 38728) et ayant initialement été livré neuf à Malindo au mois de février, effectuait un vol entre Bandung et Denpasar. Il transportait 108 personnes, dont sept membres d’équipage – aucune victime n’est à déplorer.










