La décision était imminente. La direction générale de l’aviation civile indienne (DGCA) a annoncé la suspension de la licence de Kingfisher le 20 octobre. Elle a expliqué que la compagnie n’était pas parvenue à présenter un plan de financement convaincant pour la reprise de ses opérations.
Celles-ci sont en effet suspendues depuis le 1er octobre, date à laquelle les employés de la compagnie se sont révoltés et ont demandé le paiement de leurs salaires – impayés depuis sept mois.
La DGCA a précisé que Kingfisher ne récupèrerait sa licence que lorsqu’elle serait capable de présenter un programme financier et opérationnel viable, comprenant le règlement des salaires de ses employés.
Kingfisher avait été créée en 2005 et avait connu une très forte et rapide expansion dès le début de ses opérations, qui a culminé avec le rachat d’Air Deccan en 2008. Très ambitieuse, elle avait passé d’importantes commandes auprès d’Airbus, notamment pour des A340-500 et des A380.
Cependant, la compagnie a toujours été déficitaire et sa situation financière s’est rapidement détériorée dès le début de l’année 2012, en raison du niveau élevé des prix du carburant et de la très forte concurrence régnant sur le marché indien. C’est alors qu’elle a commencé à clouer une partie de sa flotte au sol – seul le tiers de ses appareils était opérationnel en février – et à suspendre ses opérations internationales. Au 30 juin, elle cumulait 1,9 milliard de dollars de perte et 2,5 milliards de dollars de dettes.
En septembre, elle n’exploitait plus qu’une douzaine d’appareils (trois ATR et sept A320), contre 64 à la même période l’année dernière.








