Rien ne semble arrêter Deroure et sa présidente Anne-Charlotte Fredenucci. Avec une politique d’amélioration continue engagée depuis la crise de 2009, le groupe familial, fondé en 1978 avec la marque Anjou Électronique, a regagné le chemin de la croissance. L’année 2014 a d’ailleurs été sa meilleure année commerciale, avec un chiffre d’affaires pro forma de 32 millions d’euros, réalisé par ses filiales Anjou Électronique, spécialiste du câblage filaire, et Ametra Ingénierie, spécialisé dans la conception mécanique, électrique et les calculs.
Le groupe est présent sur de nombreux programmes, notamment le Rafale. La vente à l’export de l’avion de chasse de Dassault Aviation est une grande aubaine pour Deroure qui fabrique ses commandes de vol. L’entreprise travaille également avec « quatre ou cinq » équipementiers présents sur le chasseur multi-rôle. Pour l’heure, « pas de hausse de cadences de prévu », assure Anne-Charlotte Fredenucci. Mais, la production annuelle du Rafale pourrait passer d’un appareil actuellement à 2,5 appareils si des commandes supplémentaires venaient à être enregistrées. Présent dans le programme Watchkeeper de Thales, Deroure a également des compétences dans les drones civils et militaires, de la conception à la fabrication. Cette activité est actuellement exposée sur le salon aéronautique et spatial du Bourget sur le stand de Deroure dans le Hall 2B.
Des embauches en vue
Une bonne santé qui donne des ailes aux recrutements, puisque le groupe compte embaucher 100 personnes cette année. L’essentiel des recrutements sont prévus au sein de la branche ingénierie du groupe, qui emploie actuellement 300 personnes sur huit sites. Entre 20 et 30 % des recrutements enisagés ont déjà été réalisés par voie de cooptation. « Ce taux assez élevé démontre que nos collaborateurs sont heureux de travailler chez nous. Nous mettons en place de nombreuses actions de fidélisation, comme la sponsorisation de projets. Dans notre politique RH, nous prenons en compte la génération Y, dont les attentes ne sont pas les mêmes que celles de leurs parents. Nous réfléchissons actuellement à un contrat moral pour répondre à ces attentes », explique Anne-Charlotte Fredenucci.
Une partie des embauches sera réalisée au sein d’Anjou électronique, qui compte actuellement 200 salariés, dont une soixantaine en Tunisie. En plus de quelques postes dans le support, l’entreprise recrute des monteurs-câbleurs qu’elle forme elle-même faute d’école proposant des formations dans le câblage en France. En 2014, 12 personnes ont été recrutées et formées durant un an avant de prendre leur poste. Cette formation est délivrée en partenariat avec pôle emploi. La PME réfléchit actuellement à l’ouverture du premier centre de formation dédié au câblage en partenariat avec une autre PME spécialisée dans le câblage.
Miser sur les robots pour simplifier le travail des compagnons
Le bien-être de ses salariés avant tout pour Anne-Charlotte Fredenucci. La patronne mise sur l’automatisation partielle des ateliers pour rendre le travail moins contraignant et surtout pour dégager du temps aux salariés afin qu’ils puissent se dédier à des tâches à plus forte valeur ajoutée. C’est ainsi que depuis six mois, une navette logistique a été déployée dans les usines d’Anjou Électronique à Angers. Chaque heure, elle transporte les charges trop lourdes. Ce dispositif sera bientôt exploité en Tunisie au sein d’Anjou International. D’autres améliorations sont à venir. C’est notamment le cas du séquencement des produits avec l’objectif de réduire le temps passé sur le produit et ainsi augmenter la productivité, mais auusi rendre les opérateurs plus sereins. « Nous prenons très au sérieux les TMS. C’est pourquoi nous avons par exemple mis en place des dispositifs afin d’éviter à nos salariés, pour la plupart des femmes, de réaliser des tâches répétitives. Nous avons ainsi installé un système automatique de chauffe des gaines thermorétractables ainsi que des pinces automatiques à sertir », explique Anne-Charlotte Fredenucci.

