Les auditions par la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale du nouveau CEMAA, le général André Lanata, et du Délégué général pour l’armement, Laurent Collet-Billon, offrent un panorama assez étendu des priorités et des chantiers 2016 pour les équipements aéronautiques. A400M, Mirage 2000, C-130, avions ISR, MRTT, HIL (hélicoptère interarmées léger), autant de dossiers à traiter et qui font l’objet d’une attention particulière en ce début de période de LPM actualisée.
Trois contrats devraient être notifiés d’ici la fin de l’année 2015, « essentiels pour l’armée de l’air », selon le général Lanata : la rénovation des C-130H et des Mirage 2000D, ainsi que le lancement du programme « ALSR », pour avion léger de surveillance et reconnaissance.
Concernant la rénovation des Mirage 2000D plus particulièrement, le CEMAA insiste sur le caractère « absolument nécessaire », car cette « flotte pivot » garantit le format de l’armée de l’air, notamment en assurant un engagement dans la durée en opérations. La cible est fixée à 45 avions rénovés, sur les 71 en parc. Le chef de l’armée de l’air précise par ailleurs que « si les opérations devaient s’intensifier ou durer très longtemps », la possibilité de rénover 10 Mirage 2000D supplémentaires permettrait de « prendre en compte l’attrition sur la période 2020-2032 », afin de maintenir la cible de 185 chasseurs pour l’armée de l’air.
Du côté de la DGA, on annonce quelques « commandes majeures » : les sept Tigre et six NH90 prévus dans l’actualisation de la LPM, une tranche de huit A330 MRTT, un nouveau système de drone MALE. Celui-ci a d’ores et déjà fait l’objet d’une lettre envoyée à l’administration américaine et « devrait faire l’objet d’un traitement ultrarapide pouvant conduire à une commande à brève échéance », précise Laurent Collet-Billon.
La commande de C-130 glisse légèrement dans le temps, elle est attendue pour 2016 – « nous commanderons probablement en 2016 des avions de transport C-130 », selon le DGA – sans que la question de savoir s’il s’agira de C-130J neufs ou de C-130H d’occasion n’ait encore été tranchée. Comme pour les MQ-9 Reaper, la « demande de proposition » a été envoyée fin septembre-début octobre à l’US Air Force « qui a pris conscience de l’urgence » concernant cet équipement, nécessaire notamment pour pallier aux manques de capacités tactiques de l’A400M telles que le ravitaillement en vol des hélicoptères.
L’enveloppe allouée au projet atteint les 330 millions d’euros, qui ne permettraient pas d’acquérir quatre C-130J neufs. Un « appel à candidature européen » a également été passé pour l’achat de C-130H d’occasion et aux industriels capables d’en transformer deux en ravitailleurs. Le DGA n’exclut pas un « panachage » de la flotte, comprenant donc des appareils neufs et d’occasion. Aucune certitude n’est encore permise, « le ministre tranchera avant la fin de l’année », assure pourtant Laurent Collet-Billon.
L’autre gros dossier qui préoccupe l’armée de l’air et la DGA, c’est l’A400M. Les forces aériennes devraient afficher une flotte de huit appareils d’ici la fin de l’année 2015, en-deçà des prévisions initiales. Airbus Defence & Space devrait livrer trois avions en 2016. Mais ce sont les capacités tactiques qui posent le plus problème, à commencer par le parachutage, dont les essais n’ont pas été si réussis qu’on l’annonçait, « pas totalement satisfaisants », selon le DGA. Des parachutistes se seraient même fait quelques frayeurs. Viennent ensuite le logiciel de soute et l’autoprotection. Le ravitaillement en vol des hélicoptères est quant à lui relégué au dernier plan et « sera traité dans un second temps ».
L’enjeu se situe également au niveau du rétrofit des premiers exemplaires, afin de les porter au standard 1.5, afin de disposer d’une flotte de six appareils à ce standard – offrant plus de capacités tactiques – d’ici fin 2016. Les discussions sont toujours en cours avec Airbus Defence & Space concernant les standards et les livraisons, une question « posée avec rudesse par le ministre de la Défense » cet été, révèle le patron de la DGA. Le général Lanata indique de son côté attendre une confirmation, les discussions étant actuellement en cours.
Enfin, le DGA plaide également pour la réduction des types d’hélicoptères et souhaite « lancer une réflexion sur la nature du parc d’hélicoptères, très hétéroclite », afin d’éventuellement le réduire à quatre types : le Tigre pour l’attaque, le NH90 pour le transport, le Caracal pour les forces spéciales et un hélicoptère multirôles, un nouveau programme « qui permettrait d’améliorer sensiblement la gestion et les coûts de la logistique ». Ce nouvel appareil « devra reposer sur un modèle commercial […] les aménagements militaires devant être à la marge ». Le retour sur le devant de la scène du fameux programme d’hélicoptères interarmées léger (HIL)…








