EAR 279 de Châteaudun, 24 juin. Dans la grande salle de briefing, le général Jean-Christophe Zimmermann, chargé de diriger le défilé aérien du 14 juillet, égrène les objectifs de la répétition. « Pour les leaders, c’est de bien rentrer dans le séquencement. Pour tout le monde, c’est de bien travailler les positions pour que ce soit parfait vu du sol. » Et avant de se lancer, les dernières recommandations : « Mettez-vous bien à fond dedans ». Le défi de cette journée, c’est « d’arriver à rassembler plus d’une centaine d’aéronefs sur un même lieu, afin de reproduire ce que sera le défilé ». Les équipages de chasse et de transport manquent à l’appel, ils effectuent leur départ de leurs bases respectives.
Sur la piste de Châteaudun, qui correspond à l’axe des Champs-Élysées, une grande croix blanche dessinée sur le tarmac symbolise la position du président de la République le jour J. C’est là que le général Zimmermann se positionne afin de vérifier que les patrouilles respectent les objectifs de ce défilé : « être au bon endroit, au bon moment, à la bonne vitesse », comme le résume le leader de la patrouille de Mirage 2000D. Car le 14 juillet prochain, ce sont une cinquantaine d’avions et autant d’hélicoptères qui seront dans des circuits d’attente et qui convergeront vers l’axe du défilé selon un timing bien précis. Il s’agit donc à Châteaudun pour les leaders de « box » (formation) et de patrouilles de prendre leurs repères pour pouvoir rejoindre cet axe et défiler dans le bon alignement.
Le commandant Samuel, responsable du « PC Etoile », qui gèrera le 14 juillet la petite équipe de quatre contrôleurs aériens, explique que le séquencement de 40 secondes entre chaque box correspond à un rendu visuel optimal depuis le sol : « En deçà, on ferait face à un phénomène d’écrasement au niveau visuel, qui rendrait difficile la distinction entre les box ». La précision chronométrée au service du plaisir des yeux.
Petite particularité cette année, le passage d’un A340 de l’Estérel, qui a nécessité une mise en place spécifique. En effet, en raison des turbulences de sillage, l’A340 n’a pas pu être inclus dans le dispositif, mais défilera à la fin. « Il aurait été plus logique de l’inclure, en termes de vitesses, mais on n’aurait pas pu respecter le timing en raison des turbulences de sillages car on allait se retrouver avec un grand espace derrière l’avion, ce qui n’était visuellement pas bon », détaille le contrôleur aérien. Il a donc fallu faire un calcul différent et gérer le « phénomène d’accordéon », avec plus de marge en amont, pour que le passage vertical respecte l’espacement de 40 secondes.
La planification du défilé aérien a débuté il y a cinq mois, tous les cas de figure ont été prévus, y compris des configurations alternatives en cas de mauvaises ou de très mauvaises conditions météorologiques. La marge de manœuvre en conduite sera « très réduite » le jour J.
Fin du défilé, l’heure du débriefing, de retour dans la grande salle. Cette fois-ci, les leaders de patrouilles de chasseurs ainsi que les équipages de transport sont présents. Le général Zimmermann se dit plutôt satisfait de cette répétition, mais pointe quelques ajustements, sur le timing, « ceux qui n’étaient pas à la seconde près se reconnaissent et feront tout pour l’être le jour J », ou encore sur la tenue d’axe, quelque peu mise à mal par le vent de travers qui soufflait ce matin-là.
Si globalement tout s’est relativement bien déroulé, il reste maintenant à travailler sur les derniers détails, les procédures à appliquer le jour J, les cartes à préparer. Le dernier briefing aura lieu le 14 juillet juste avant le décollage. En attendant, une ultime répétition des leaders de patrouille aura lieu le 9 juillet prochain, au-dessus des Champs-Élysées. La générale avant le spectacle.








