Antonov a profité du Salon du Bourget pour dévoiler le lancement d’un nouveau programme d’avion de transport militaire, l’An-188. Le constructeur ukrainien, qui cherche à se détacher au maximum des industriels russes avec lesquels il collaborait jusque-là, a également annoncé vouloir stopper toute collaboration avec les fournisseurs et sous-traitants russes sur tous les programmes militaires.
Antonov a par ailleurs été repris au sein du consortium ukrainien Ukroboronprom au printemps dernier, qui sera chargé par la suite de la commercialisation de tous les avions du constructeur.
De fait, l’An-70, un programme prévu en coopération avec la Russie, semble être stoppé net par cette annonce. L’avion de transport développé depuis les années 90 devait en effet être le fruit d’un partenariat 50-50 entre les industriels russes et ukrainiens, mais la situation politique actuelle a contraint Antonov à revoir ses priorités industrielles.
Le programme An-188 n’en est cependant qu’à ses balbutiements, c’est encore un « projet », dit-on chez Antonov. Du côté des caractéristiques techniques, l’AN-188 se baserait donc sur l’An-70, mais serait équipé de moteurs et d’une avionique qui seraient produits soit par des constructeurs ukrainiens soit par des industriels européens. L’étude de design préliminaire pencherait davantage pour des réacteurs plutôt que des turbopropulseurs.
L’Antonov 188 se situerait entre le C-130J-30 et le C-17A, avec une masse maximale au décollage de 140 tonnes, une charge maximale de 40 tonnes et la capacité d’atterrir et de décoller sur des pistes de 915m de long. Pour mémoire, l’An-70 était affiché avec un poids maximum au décollage de 114 tonnes, ainsi qu’un chargement pouvant aller de 20 à 32 tonnes. Les missions de l’An-188 regroupent les évacuations médicales, le transport de troupes et de matériel ou encore le largage d’équipements et de troupes. Un avion qui ressemblerait donc fortement à l’A400M, tant dans ses caractéristiques que ses capacités.
Reste à savoir si le projet sera viable et si le marché suivra. Les responsables d’Antonov sont restés plutôt évasifs sur la commande officialisée en janvier dernier par le ministère ukrainien de la Défense d’un nombre indéterminé d’appareils.








