L’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM) a permis de mettre en exergue la nécessité de renforcer la flotte de C-130 Hercules de l’armée de l’air. Ainsi, le projet de loi de l’actualisation de la LPM, dévoilé fin mai, prévoit en 2015 le lancement de la rénovation des C-130 actuellement en service, « afin de prolonger cette flotte dont le renouvellement a été repoussé après 2026 », ainsi que l’étude de « la mise à disposition, d’ici la fin de la période, d’une capacité de quatre C-130, dont deux à capacité de ravitaillement d’hélicoptères ». Les quatre C-130 supplémentaires permettront de « garantir le minimum indispensable pour la réalisation des missions de l’aviation de transport tactique dans une période où l’armée de l’air est notamment confrontée à une diminution de la disponibilité de ses C-160 ».
Si la « mise à disposition » évoquée par le texte reste floue, pour le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, il s’agit bien d’une acquisition de quatre C-130 Hercules, comme il l’expliquait en marge du meeting aérien de Solenzara le 31 mai dernier : « Ce n’est pas une mise à disposition, on cherche à acquérir quatre C-130 supplémentaires. » Une décision motivée par le manque d’appareils sur le segment du transport tactique, avec de multiples répercussions. « On s’aperçoit que la rénovation des Transall coûte plus cher que prévu, or j’ai besoin de former des jeunes pilotes. Quatre avions nous permettraient de mieux entraîner ces pilotes et d’avoir un peu d’air, alors que pendant plusieurs années nous allons avoir une très très forte tension sur les flottes de transport ». Le général Mercier déclarait quelques jours auparavant lors de son audition par la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale que le taux de disponibilité des C-130 était actuellement faible, notamment en raison des chantiers de rénovation (normes OACI).
Et si deux des quatre futurs Hercules de l’armée de l’air possèderont des capacités de ravitaillement en vol, c’est bien évidemment en raison du retard pris par le programme A400M dans ce domaine. Le Délégué général pour l’armement Laurent Collet-Billon fustigeait cet hiver Airbus Defence & Space et déplorait l’incapacité de l’avion à pouvoir ravitailler des hélicoptères, une capacité très attendue dans les forces, en particulier pour les Caracal engagés dans la bande sahélo-saharienne. Si la capacité est toujours contractuelle et prévue pour 2018 au plus tôt, le délai semble trop long du côté français et motive de fait l’achat sur étagère de ces C-130.
Dans son audition par la commission Défense de l’Assemblée nationale du mois de mai, le DGA évoquait l’acquisition de quatre C-130H « à priori d’occasion », ou des C-130J neufs. Pour le CEMAA, « toutes les options sont ouvertes ». L’important étant bien évidemment d’en doter le plus rapidement possible les forces aériennes, aussi bien les unités conventionnelles que les forces spéciales, qui embarquent fréquemment à bord de C-130 dans le cadre de leurs opérations dans la BSS.
L’armement de deux C-130 Hercules a également été évoqué, un « armement d’appoint » pour le général Mercier, qui comprendrait soit du Griffin de Raytheon, soit la solution française proposée par AA/ROK, à savoir l’intégration d’AASM. Si du côté du COS (Commandement des opérations spéciales) la préférence irait du côté d’un armement petit et léger, l’armée de l’air et l’état-major pencheraient de leur côté plus pour un armement plus souple. Le DGA a pour sa part évoqué des appareils « équipés de missiles Griffin sous pylônes », à l’image de ceux utilisés par les forces spéciales américaines. Le CEMAA écarte pour l’instant le canon, qui n’est « pas une priorité ». Mais pour un connaisseur du dossier, « les jeux ne sont pas faits ». Celui-ci précise remarquer depuis le mois de janvier une « accélération » du dossier.
Tant pour la rénovation, que pour l’intégration des capacités de ravitaillement en vol, il s’agira de prospecter du côté des industriels pour effectuer ces travaux. Un nom apparaît régulièrement et fait office de favori, celui de Marshall Aerospace. L’industriel britannique semble attendre avec impatience le lancement du marché de modernisation des C-130 et pourrait être également sur les starting blocks pour l’intégration des nacelles de ravitaillement. Marshall Aerospace possède d’ores et déjà un réseau de PME partenaires en Aquitaine, ainsi qu’une solide expérience sur le C-130, ayant notamment modernisé les C-130H néerlandais et C-130K autrichiens et ayant assuré le MRO des C-130 britanniques.
Aucune décision concrète n’a encore été annoncée et aucun chantier lancé, les différentes pistes pour renouveler et renforcer la flotte des C-130 Hercules français devraient pourtant aboutir à des prises de décisions d’ici la fin de l’année 2015.








