Dix jours après l’accident qui a coûté la vie à quatre personnels d’Airbus à Séville lors d’un vol d’essai d’A400M, l’avionneur européen a émis une note d’alerte opérationnelle aux pays clients de l’avion de transport. Cette AOT « demande aux exploitants d’effectuer des contrôles spécifiques et réguliers de l’ECU (Engine Control Unit, NDLR) sur chaque moteur de l’avion avant le vol et d’effectuer des contrôles supplémentaires après un éventuel remplacement de moteur ou de l’ECU ».
Airbus Defence & Space précise que cette alerte « résulte d’analyses internes » et qu’elle rentre dans le cadre des « activités permanentes en matière de navigabilité, indépendamment de l’enquête officielle en cours ». La division militaire d’Airbus conduit régulièrement des analyses de sécurité sur ses avions et les a renforcées depuis l’accident. Ces contrôles ont montré qu’il pourrait « potentiellement » y avoir des problèmes avec l’ECU, les résultats ayant conduit à communiquer « dans le cadre des obligations » qui incombent à l’avionneur.
L’ECU est l’un des deux calculateurs, avec l’EPMU (Engine Protection and Monitoring Unit), intégrés au FADEC (Full Authority Digital Engine Control). L’ECU a été développé pour contrôler le moteur et l’hélice, l’EPMU a quant à lui la fonction de « supervision » des fonctions critiques au cas où l’ECU présenterait des dysfonctionnements. Le calculateur de l’ECU est conçu par Snecma, son logiciel par MTU, tout comme le logiciel et le calculateur de l’EPMU.
Le FADEC permet de s’assurer du fonctionnement « optimal » du moteur, suite à des injonctions de pilotage. Il « protège » le moteur contre lui-même, notamment avec la vérification de la température dans les différents étages du moteur ou encore la quantité de carburant nécessaire au démarrage.
Selon les informations recueillies par les médias allemands Der Spiegel et Die Welt, l’accident de l’appareil MSN23 – qui était destiné à la Turquie – pourrait être lié à une défaillance des logiciels du FADEC, qui aurait eu pour conséquence l’extinction de trois des quatre moteurs. Il pourrait bien s’agir d’un « problème de qualité », d’après des sources interrogées par les deux médias.








