Avec un petit mois d’avance, la France, l’Allemagne et l’Italie ont signé ce 18 mai à Bruxelles une déclaration d’intention pour lancer d’ici la fin 2015 la phase d’étude de définition du futur drone MALE européen. Le calendrier ministériel prévoyait une annonce lors du Salon du Bourget, mais c’est finalement à l’occasion du Conseil des Affaires étrangères et de Défense de l’Union européenne que Jean-Yves Le Drian et ses homologues allemande Ursula von der Leyen et italienne Roberta Pinotti ont « acté aujourd’hui leur intention commune de conduire une étude de définition afin de préparer la phase de développement d’un drone MALE européen ».
Une bonne nouvelle pour Dassault Aviation, Airbus Defence & Space et Finmeccanica, qui militent depuis deux ans pour le lancement d’un programme à l’échelle européenne. Les trois industriels avaient en effet annoncé en juin 2013 leur volonté de coopérer dans le cadre des drones MALE, afin d’être en mesure de répondre à un besoin européen, tout en s’affranchissant des technologies américaines et israéliennes. L’industrie semblait attendre le feu vert politique, qui s’est fait quelque peu attendre, malgré la volonté affichée de travailler ensemble pour œuvrer au « renforcement de la Défense européenne » et soutenir une industrie de Défense « plus compétitive ».
Aujourd’hui, Dassault, Airbus DS et Finmeccanica « se félicitent » de l’annonce faite par les trois ministres de la Défense réunis à Bruxelles. Eric Trappier, PDG de l’avionneur français, a déclaré dans un communiqué que la signature de cette déclaration d’intention « confirme la légitimité et tout l’intérêt de notre initiative industrielle commune entamée en 2013 », tandis que Bernhard Gerwert, président exécutif d’Airbus DS souligne « l’importance stratégique pour la sécurité européenne de la souveraineté dans le développement de nouveaux systèmes ». Le président exécutif de Finmeccanica insistait quant à lui sur la « remarquable étape d’évolution dans le cadre des projets de la défense et de la sécurité européenne ».
Le contrat pour cette étude de définition devrait être attribué d’ici la fin de l’année 2015. Cette phase d’étude, qui devrait durer deux ans, permettra de « déterminer un ensemble de prérequis opérationnels et d’élaborer un prototype répondant à une expression de besoins communs en termes de performances, de calendrier et de coût ». Du côté industriel, on table sur la livraison de « premières propositions » à l’horizon 2020. Initialement baptisé « MALE 2020 », le programme prévoit à présent une mise en service des drones vers 2025.
C’est l’OCCAR (Organisation conjointe pour la conduite des programmes d’armement) qui conduira le programme, avec le concours de l’Agence européenne de Défense, qui sera notamment consultée pour toutes les questions concernant l’intégration des drones dans l’espace aérien, la navigabilité et la certification.
S’il n’y a pour l’instant que trois pays signataires, il n’est pas exclu dans le futur d’intégrer d’autres nations européennes à ce programme. La Pologne pourrait également se montrer intéressée.








