Restrictions budgétaires obligent, l’Autriche pourrait se diriger vers la mutualisation de la formation de ses pilotes de chasse et conclure des partenariats avec d’autres pays. C’est ce qu’a déclaré le chef d’état-major des forces aériennes autrichiennes le Brigadier Karl Gruber dans un entretien accordé au quotidien Der Standard.
Partant du constat que la situation actuelle ne semble pas prometteuse pour les armées de l’air européennes, en raison des réductions de budget, de flottes vieillissantes et du coût élevé de la formation des pilotes, le commandant des forces aériennes a émis l’idée de mutualiser les moyens afin de gagner en efficacité. « Je discute actuellement avec le chef d’état-major de l’armée de l’air hongroise de la formation de nos pilotes », a-t-il détaillé lors de son interview la semaine dernière, n’excluant pas un partenariat avec d’autres pays.
La formation d’un pilote autrichien sur Eurofighter reviendrait à six millions d’euros, la mutualisation permettrait de réduire ces coûts d’environ un tiers, selon Karl Gruber, qui précise que « sur le long terme, il serait plus intéressant que trois, quatre pays s’accordent pour fonder des centres de formation communs et internationaux ».
Le gouvernement autrichien prévoit un plan d’économies de 44 millions d’euros par an pour les forces armées, qui vont devoir faire autant avec moins de crédits. Du côté des forces aériennes, Karl Gruber prévient qu’il ne sera pas possible, « en aucun cas », d’aller en-deçà de ce qui a cours actuellement, à savoir 80 à 90 heures de vol par an et par pilote de chasse. L’Autriche compte actuellement 12 pilotes pour 15 Eurofighter.
Le plan de restructuration de l’armée autrichienne présenté en octobre 2014 par le ministre de la Défense Gerald Klug prévoyait notamment la constitution d’un financement spécial pour l’exploitation et le MCO des trois C-130K Hercules et des neuf S-70 Black Hawk. La nécessité de remplacer la flotte d’avions d’entraînement et de surveillance de Saab 105OE à l’horizon 2020 avait également été évoquée, mais aucune décision concrète n’a encore été annoncée.
La mutualisation évoquée par le Brigadier Karl Gruber pourrait donc prendre les traits d’un achat en commun avec d’autres pays ayant les mêmes besoins, dans la logique de « pooling and sharing » – un concept cher à l’Agence européenne de Défense – et à l’image du processus en cours d’acquisition d’une flotte commune d’A330 MRTT par la Norvège, la Pologne et les Pays-Bas.
Dans un autre registre, l’Autriche souhaite également étendre à d’autres pays la formation des forces spéciales qu’elle partage déjà en partie avec la Croatie. L’initiative pourrait être présentée à la fin du mois de mai. Si l’Autriche profite des capacités croates en matière de nage de combat et de compétences liées à la mer, la Croatie bénéficie de son côté du savoir-faire autrichien en matière de plongée sous la glace et de formation en milieu montagneux.
Cette coopération pourrait s’étendre à l’acquisition et au partage de compétences sur les hélicoptères lourds de transport ainsi qu’à l’aide humanitaire internationale. Les pays concernés par le développement de ce partenariat pourraient inclure la Slovénie, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie.








