Les Caracal engagés dans la bande sahélo-saharienne depuis le mois de juin 2014 effectuent un large panel de missions, de l’évacuation médicale à l’aérotransport, en passant par la récupération de personnel. Toutes ces missions peuvent amener les hélicoptères de l’EH 1/67 « Pyrénées » à parcourir de longues distances, en raison d’un théâtre aux grandes élongations.
Et pour cela, le Caracal serait en théorie l’appareil idéal. Car l’une des forces de l’hélicoptère, c’est notamment sa capacité à être ravitaillé en vol, une fonction qui aurait tout son sens sur le territoire africain. « Cette capacité est nécessaire, elle serait même complètement une plus-value sur ce type de théâtre », indique-t-on au sein de l’escadron. C’est pour l’instant un vœu pieux, car il n’existe pas à l’heure actuelle d’avion présent sur le territoire africain pour effectuer ce type d’action, qui permettrait aux Caracal d’allonger leur temps de mission.
Pourtant, l’escadron s’entraîne au ravitaillement en vol depuis 2008, à raison d’environ deux campagnes par an (avec une pause entre la mi-2008 et 2010), avec des KC-130J de l’armée de l’air italienne. Une étape supplémentaire avait été franchie en décembre 2013, avec le ravitaillement en vol depuis un HC-130P de l’US Air Force.
Mais cette capacité semble manquer aux personnels du détachement au Tchad. « Elle [la capacité de ravitaillement en vol, ndlr] ne fait pas défaut parce qu’on a des palliatifs et qu’on peut travailler autrement, mais on gagnerait énormément en souplesse et en réactivité, surtout sur les élongations », précise-t-on au sein du détachement. Ce qu’il manque, ce sont des C-130J. L’armée de l’air possède certes une flotte de 14 C-130H, mais ceux-ci ne peuvent pas ravitailler les hélicoptères. Une procédure d’acquisition de C-130J ne semble pourtant pas – encore – à l’ordre du jour, la DGA ayant démenti il y a quelques semaines une information faisant état d’une prochaine commande.
Cependant, avec l’intégration de l’EH 1/67 au Commandement des opérations spéciales (COS) à l’été 2015, la question des C-130J pourrait rapidement revenir sur le devant de la scène. Si le commandant du COS, le général Grégoire de Saint-Quentin, plaidait il y a encore un mois pour l’acquisition « d’au moins quatre appareils » en raison des retards du programme A400M, la modernisation de la flotte des C-130 est elle encore dans les cartons – avec l’ajout notamment de capacités tactiques supplémentaires sur les huit C-130 destinés aux opérations spéciales… et pourquoi pas des kits de ravitaillement en vol, afin de faire du C-130 un avion véritablement multirôles. Car, comme on l’affirme au sein du Pyrénées, « il n’y a pas de difficultés particulières, on sait le faire, il suffit juste qu’on ait les moyens de pouvoir le faire »…








