« Jamais deux sans trois » avait prophétisé le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius il y a quelques semaines en évoquant une potentielle nouvelle vente du Rafale à l’étranger. Ses prédictions se sont donc révélées exactes, puisque l’avion de chasse de Dassault Aviation vient de remporter sa troisième victoire à l’exportation. Et cette fois-ci, c’est le Qatar qui a passé commande pour 24 Rafale, six biplaces et 18 monoplaces.
L’Élysée a annoncé ce matin ce nouveau contrat par voie de communiqué, déclarant que le président de la République François Hollande s’était entretenu hier avec l’émir du Qatar Tamim Ben Hamad Al Thani et que ce dernier avait « confirmé son souhait de voir son pays acquérir 24 avions de combat Rafale ».
François Hollande se rendra par ailleurs à Doha le 4 mai en compagnie des PDG de Dassault Aviation et de MBDA pour la signature officielle du contrat. Celui-ci est estimé à 6,3 milliards d’euros. L’armement associé comprend des missiles Scalp, Meteor et AASM.
C’est donc le troisième succès en trois mois pour celui qui faisait figure « d’avion maudit » jusque-là. L’Égypte, premier client, avait annoncé son choix le 12 février dernier, suivi de l’Inde le 10 avril, lors de la visite du Premier ministre Narendra Modi à Paris.
Reste maintenant à régler l’épineuse question des cadences de production dans les usines Dassault. Car si le Qatar a commandé si vite, c’est qu’il a voulu s’assurer d’un délai de livraison raisonnable. La cadence était jusque là minimale – à 11 avions par an – les récentes commandes et les besoins relativement « urgents » des pays clients vont amener l’avionneur à revoir l’équation. Les premiers avions devraient arriver au Qatar à partir de la mi-2018.
Le PDG de Dassault Aviation avait récemment déclaré que les cadences pourraient monter jusqu’à 2,5 avions par mois, une hypothèse qui va sans doute devenir réalité dans les prochains mois et qui va affecter toute la supply chain et l’ensemble des 500 sous-traitants de Dassault.








