L’association internationale du transport aérien (IATA) a revu légèrement à la baisse ses prévisions concernant la rentabilité de l’industrie le 12 mars. Selon elle, les compagnies aériennes n’enregistreront plus que 18,7 milliards de dollars de bénéfices en 2014, un milliard de moins qu’initialement prévu, à cause notamment de la hausse du prix du carburant.
Tony Tyler, le CEO de l’IATA, a expliqué que les coûts induits par cette augmentation seraient largement compensés par la hausse de la demande. En ce qui concerne l’activité passage, le trafic devrait croître de 5,8% (contre la hausse de 6% prévue en décembre). Le cargo également profitera de la reprise économique à l’échelle mondiale et devrait enregistrer une croissance de la demande de 4% au lieu des 2,1% prévu. En revanche, les deux segments verront leurs yields diminuer encore.
« En général, les perspectives sont positives. La reprise économique soutient une forte demande. Et ceci compense les obstacles posés par l’augmentation des coûts du carburant, liée à l’instabilité géo-politique. Mais dans l’ensemble, la reprise reste à des niveaux non satisfaisants avec une marge bénéficiaire de seulement 2,5% » a résumé Tony Tyler.
De nouveaux obstacles surgissent sans cesse
Revenant sur la situation en Europe, l’IATA indique que les compagnies de la région devraient enregistrer des bénéfices de 3,1 milliards de dollars, soit 100 millions de moins que prévu. Elles vont en effet pouvoir profiter de la fin de la récession en zone euro et de la levée des mesures d’austérité. Mais le niveau élevé des taxes, la lourdeur des réglementations et les impasses dans lesquelles sont bloqués les projets d’infrastructure, comme l’échec du ciel unique, ont un impact important.
L’Europe est également la région la plus exposée à la crise ukrainienne. Celle-ci a déjà entraîné une hausse des prix du pétrole qui touche le monde entier. C’est pourquoi l’IATA table désormais sur un pétrole à 108 dollars le baril en moyenne en 2014 (contre 104,5 dollars dans l’estimation de décembre) et, par conséquent, à une augmentation de 3 milliards de dollars du poste carburant pour les compagnies aériennes.
Par ailleurs, plusieurs pays ont adopté des mesures protectionnistes qui ont ralenti la croissance. Tony Tyler cite la Turquie, l’Inde, l’Indonésie et l’Afrique du Sud notamment. Une autre menace pour le transport aérien est la « prolifération des lois sur les droits des passagers sans coordination ni respect de standards mondiaux ». L’IATA va donc tenter, avec l’OACI et les gouvernements, d’unfier ces règles.
Enfin, Tony Tyler est particulièrement soucieux de la situation au Venezuela. En ce qui concerne l’industrie du transport aérien, le gouvernement bloque le rapatriement de 3,7 milliards de dollars appartenant aux compagnies aériennes, au mépris des traités internationaux, ce qui met en danger la desserte du pays par les compagnies étrangères.
« Il est inacceptable que le gouvernement du Venezuela ne respecte pas les règles auxquelles il est lié par traité. Il est certain que les compagnies ne pourront pas maintenir leurs opérations indéfiniment si elles ne sont pas payées. J’ai écrit au président Maduro en lui demandant de prêter une attention immédiate à ce problème. J’en parle aujourd’hui parce que cela illustre bien certains des obstacles extraordinaires que les compagnies aériennes peuvent rencontrer. »







